Empêtré dans une série noire, le groupe français spécialisé dans le transport et logistique broie du noir dans plusieurs pays africains.

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S’il baigne toujours dans la quiétude au Gabon, Bolloré fait face à un certain nombre de difficultés dans plusieurs pays africains où il est implanté.  Catastrophe ferroviaire au Cameroun, procès en appel dans l’affaire du port de Conakry, accusation de tentative de corruption en Mauritanie, chiffre d’affaires en baisse… La liste des problèmes ne cesse de s’allonger pour le groupe français spécialisé dans le transport et logistique, la communication et le Stockage d’électricité et solutions.

Au Cameroun, l’accident ferroviaire de Camrail, filiale du groupe Bolloré, qui a fait 79 morts et des centaines de blessés à Eseka, le 21 octobre dernier, a fait l’objet d’un rapport d’enquête. Ce document se trouve aujourd’hui sur le bureau du président Paul Biya.

Et que dire de la saga du port de Conakry, s’étalant déjà sur cinq ans ? Le dossier est actuellement entre les mains de la Cour d’appel de Versailles, chargée de déterminer si Bolloré était complice de la résiliation brutale de la concession portuaire de Necotrans en 2011. En effet, le groupe de logistique dirigé par Grégory Quérel réclame à Bolloré 132 millions d’euros de dommages et intérêts pour avoir été éjecté des eaux guinéennes au profit de son rival français.

Plus récemment, le groupe français a été mis en cause en Mauritanie. En effet, le président mauritanien a accusé Bolloré d’avoir tenté de le corrompre pour obtenir la gestion du trafic au Port de l’Amitié de Nouakchott. Selon une source proche du chef de l’Etat, le président Mohamed Ould Abdel Aziz «a tapé très fort sur la table de réunion en signe de confirmation qu’un responsable de Bolloré lui a bien proposé une somme de  10 millions d’Euros de pots-de-vin en échange de la gestion du trafic au Port de l’Amitié de Nouakchott».

Pendant ce temps, le groupe voit son chiffre d’affaires se contracter : -10% au troisième trimestre. Le recul des prix du pétrole et la morosité des échanges internationaux ont entamé l’activité transport et logistique, qui représente plus de 55% du chiffre du groupe, dont sa part la plus rentable. C’est donc dire l’ampleur des difficultés dans lesquels est empêtré le groupe français, du moins en Afrique.