A l’occasion d’une récente réunion du Comité de suivi du Haut conseil de l’investissement (HCI) à Libreville, la problématique de l’attractivité et de la compétitivité des secteurs transport et logistique a été abondamment discutée. Comment les rendre compétitifs et attractifs dans l’économie nationale ?

Les membres du Comité de suivi des réformes du HCI participant à cette séance de la cellule spécialisée. © Gabonreview

 

Le ministre en charge de la Promotion des investissements, Madeleine Berre, a présidé le 21 juin une réunion du Haut conseil de l’investissement (HCI) destinée à «l’attractivité des secteurs transport et logistique».

Il s’agissait ainsi de fixer les participants sur les réformes à entreprendre pour faire participer davantage ces secteurs à la croissance de l’économie nationale.

En effet, durant les mois de mai et de juin, des consultations ont été organisées avec l’ensemble des acteurs publics et privés concernés par la problématique des filières transport et logistique. «Ces consultations avaient tourné autour de trois points: un premier groupe s’est focalisé sur les activités portuaires, le deuxième sur la facilitation des procédures administratives et le troisième groupe sur le Transport et logistique», a expliqué Nina Alida Abouna, Secrétaire permanent du HCI.

Les participants à cette réunion devaient proposer des solutions pour améliorer la compétitivité de la filière transport et logistique des produits forestiers qui représentent une part non négligeable des exportations gabonaises.

«On a tendance à croire que l’attractivité d’un pays est exclusivement fiscale. Elle n’est pas fiscale ! Loin de là. Mais elle est également liée à notre capacité à offrir aux investisseurs des chaînes logistiques qui leur permettent de gagner du temps. Le temps qui est un facteur clé. Le temps c’est de l’argent», a déclaré le ministre en charge de la Promotion des investissements, Madeleine Berre.

Les experts estiment que l’attractivité de ces deux secteurs est corrodée par le sous équipent, l’inflation des contrôles et une coordination approximative des services.

Si «les exportations ont atteint des niveaux historiques, (…) ce changement structurel entraine un manque de containeurs vides sur le marché. De plus, nous constatons un déficit de deux à trois navires par mois, malgré la forte demande», affirment les experts. Pour résoudre ce déficit en équipement, ils recommandent d’«encourager les collaborations entre armateurs et favoriser les chargements mixtes ; encourager les armateurs à apporter davantage de containeurs vides et accroître le nombre d’escales». Aujourd’hui, trois navires par mois vers l’Europe et l’Asie manquent à l’appel.

Les délais élevés pour l’obtention des factures d’acconage au port d’Owendo, des BAE (entre 9 et 11 jours) et des BL (7 jours environ contre 3 avant), tout comme le refoulement des camions qui ralentisse le chargement et déchargement, ainsi que le manque de moyens logistiques, constituent autant de freins pour l’attractivité de ces secteurs.

Sur la route, l’on dénombre au moins 22 contrôles de police et gendarmerie sur le trajet reliant Libreville à Lastoursville, dans la province de l’Ogooué-Lolo. Cette inflation de contrôles entraine une perte de temps d’environ 4 heures par voyage. Par ailleurs, le mauvais état de la route contribue à la dégradation rapide des camions déjà mis à rude épreuve par des chargements dépassant les tonnages requis.

Quant aux procédures, les experts indexent l’absence de coordination des administrations, notamment entre les douanes et les Eaux et Forêts. Ce qui entraine des ruptures de charges. «Les entreprises dédient du personnel pour l’obtention des documents administratifs ce qui accroit leurs charges d’exploitations».

Face tous ces blocages et faiblesses, le Comité de suivi du HCI préconise l’amélioration des procédures au sein des administrations, de la logistique et la réduction directe des coûts, ainsi que la réduction de 30% du montant des prélèvements publics (hors TVA, droits de douanes) et la suppression de la parafiscalité. «Nous devons encore faire beaucoup d’efforts pour améliorer ce climat des affaires et c’est une contrainte qui s’impose à nous. Parce que nous ne pouvons malheureusement pas avancer sans nous garantir la compétitivité de la filière transport et logistique qui est l’une des importantes», a soutenu Madeleine Berre.