Si de nombreux Gabonais émettent des doutes quant à la volonté des autorités de voir le train de vie de l’Etat réduit face à la crise économique qui persiste, pour Jean-Fidèle Otandault, cette réduction est bel et bien effective, y compris dans le salaire des ministres.

Jean-Fidèle Otandault, le 28 décembre 2017 à Libreville. © Gabonreview

 

La réduction du train de vie de l’Etat, on en parle depuis plusieurs années. Avec la crise économique survenue dès 2014, suite à la chute du prix du baril de pétrole, les derniers séminaires gouvernementaux ont été l’occasion de rappeler la nécessité de prendre certaines mesures, pour faire des économies. Ces mesures et autres promesses ont-elles seulement été mises en pratique depuis ? Les Gabonais en doutent. Jean-Fidèle Otandault, lui, assure que les instructions du président de la République ont été respectées, y compris en ce qui concerne le salaire des membres du gouvernement. Sans jamais le divulguer, le ministre d’Etat en charge du Budget et des Comptes publics a affirmé que «le salaire des ministres a été réduit de 10%».

Si l’on se doute que cette réduction, en dépit des «instructions» du chef de l’Etat, n’avait pas été effective ces dernières années, durant l’année qui s’achève, le gouvernement a bien été contraint de s’y soumettre. Il s’agissait d’une des conditions du Fonds monétaire international (FMI) et d’autres partenaires pour l’obtention de l’aide financière dont le pays bénéficie depuis quelques mois pour son Plan de relance économique (PRE).

«Nous avons dû diminuer le titre 3 de la Loi des finances 2018 lié aux biens et services de plus de 30 milliards. C’est d’ailleurs dans cette optique que nous avons décidé de ne plus acheter les véhicules pour l’Etat», a indiqué Jean-Fidèle Otandault, ajoutant que plusieurs avantages liés à la fonction de certains hauts cadres ont également été touchés. «Nous avons pris la décision qu’en 2018, nous allons revoir la gestion des frais de mission, parce que nous estimons qu’il n’y a pas de petites économies. Or, aujourd’hui, c’est plus de 10 milliards de francs que ces frais de mission coûtent au Gabon, y compris pour les membres du gouvernement, dont les frais de mission font plus des 7 milliards de francs».

Pour réduire considérablement le train de vie de l’Etat, les autorités disent avoir également mis fin au cumul des primes dans l’administration publique. «Certains directeurs généraux, bien que bénéficiant d’un véhicule de fonction, percevaient en plus leur prime de transport de 150 000 francs», a rappelé Jean-Fidèle Otandault avant d’annoncer que les prochaines batailles seront consacrées à l’annulation d’autres primes, à l’instar de la prime de logement pour les fonctionnaires logés par l’Etat, tout comme une enquête sera menée pour mettre fin au cumul de salaire pour les agents détachés.