Après avoir été entendu, une première fois, dans son bureau de la présidence de la République, l’ex-ministre de la Forêt, de l’Environnement et de la Protection des Ressources naturelles, a été entendu le lundi 23 novembre, entre 10 h et 21 h, au B2. Plusieurs de ses proches ont déjà fait l’objet de gardes à vue ou de suspension administrative.

Noël Nelson Messone, conseiller politique du président de la République. © iisd.ca

Noël Nelson Messone, conseiller politique du président de la République. © iisd.ca

 

Parmi les prétendus proches, il y a Ella Bitéghé, qui officiait en qualité de directeur de cabinet de Noël Nelson Messone au ministère de la Forêt jusqu’à sa relégation du gouvernement le 11 septembre dernier. Il est en garde à vue depuis quelques jours. L’ordinateur qu’il utilisait à son poste a-t-il parlé ? Nul ne peut le dire à ce stade de l’enquête, mais il est toujours retenu à la Direction générale des recherches (DGR). Un autre acteur du ministère de la Forêt, Jean-Marie Minko-mi-Obame, directeur provincial des Eaux et Forêts dans l’Ogooué-Ivindo, a été suspendu de ses fonctions lors du conseil des ministres tenu le 12 novembre dernier. Tout comme le directeur provincial des Eaux et Forêts du Woleu-Ntem. On cite aussi l’ancien chef du protocole qui aurait reçu des subsides de la part d’opérateurs économiques. On parle de la directrice générale adjointe de la Forêt, qui assurait jusque-là l’intérim du directeur général, Koumba Nzaou, élu sénateur en janvier dernier, et qui n’a pas encore été remplacé. La DGA serait encore elle aussi aux mains des forces de l’ordre.

De l’avis de fonctionnaires comptant parmi les plus anciens du ministère de la Forêt, de l’Environnement et de la Protection des Ressources naturelles, les personnes indexées ne sont pas des proches en tant que tel du ministre sortant, hormis le directeur de cabinet dont il d’ailleurs hérité de son prédécesseur et le chef du protocole, sans doute la seule vraie nomination effectuée par Nelson Messone. «Il n’a même pas nommé un seul chef de brigade et aucun des neuf directeurs provinciaux. M. Messone arrivait d’un long séjour à l’étranger. Il a certainement trouvé le système que l’on est en train de démanteler, un système beaucoup plus ancien que l’année et demi qu’il a passé à la tête de notre ministère. Il doit maintenant découvrir des choses avec ces interrogatoires», note un haut cadre du ministère concerné.

En tout cas, le trafic des délivrances d’autorisations d’exploitation du bois abandonné semble atteindre l’autorité politique elle-même ! Nelson Messone, qui a dirigé ce département ministériel de janvier 2014 à septembre 2015, a fait l’objet d’un interrogatoire dans son bureau de la présidence de la République où il occupe dorénavant les fonctions de conseiller politique du chef de l’Etat. Puis, à deux reprises, le samedi 21 novembre entre 10 h et 21 h, et le lundi 23 novembre entre 16 heures et 22 heures 30, il a répondu aux questions des enquêteurs du B2. Lundi soir, ses proches ont même cru qu’il y passerait la nuit, mais vers 22 h 17, il a été autorisé à rentrer chez lui.

Cette enquête va-t-elle conduire jusqu’à l’implication de l’ancien ministre ? Il ne lui est pas reproché d’avoir lui-même «trempé les mains» dans les trafics, mais d’avoir, semble-t-il, laissé faire quand il a su.