Très prisé en Asie, le «Kevazingo» ou «Oveng», en fang, est menacée par l’exploitation illégale intensive, initiée par des réseaux mafieux entretenus par des responsables d’administration véreux en complicité avec certains opérateurs économiques de la province du Woleu-Ntem.

Le «Kevazingo» ou «Oveng», en fang, est menacée par l’exploitation illégale intensive. (Photo d’illustration). © algomtl.com

 

Face à l’ampleur du désastre et au regard de l’appétit des chinois sur le Kevazingo, essence de bois rare, réputée très solide est très prisée en Asie, Brainforest sonne l’alerte.

Une équipe de cette organisation non-gouvernementale s’est rendue dans la province du Woleu-Ntem, dans la période d’août à septembre 2017, en vue de mieux comprendre le développement du phénomène, les acteurs ainsi que les motivations de ses derniers à accélérer la disparition de cette essence, dont le prix du mètre cube oscille entre 1 et 2 millions de francs CFA à Libreville.

En attendant la publication du rapport de mission d’enquête, sur la sensibilisation des populations, l’enregistrement des plaintes des populations victimes de l’exploitation illégale du Kevazingo, le secrétaire exécutif de Brainsforest, Marc Ona Essangui, soutient que des cadres de l’administration publique seraient impliqués dans ce trafic. «Nous avons les noms et savons qui fait quoi et quand, dans cette mafia. Cette fois, nous sommes décidés à mettre un terme à ce phénomène. Partout où nous sommes passés, en off ou à visage découvert, les victimes que sont les pauvres habitants des villages abandonnés, livrés à eux-mêmes, n’ont que certains noms dans la bouche : le gouverneur de province, le préfet du département du Woleu(…) les Chinois, la société Ultra Bois Gabon…», prévient-il, assurant prendre leurs responsabilités, si l’administration des Eaux et forêts se rend complice, comme c’est le cas.

S’il paraît difficile de connaître l’ampleur exacte du trafic, cette pratique représente tout de même un sérieux manque à gagner pour l’Etat, qui ne semble cependant pas très inquiété par cette ruine environnementale et financière. «Nous disons stop cette fois à ce bradage d’un patrimoine national par des mafieux de tout bord. L’exploitation du Kevazingo doit cesser immédiatement. Cette fois, nous sommes décidés à mettre un terme à ce phénomène», a garanti Marc Ona Essangui.