Le trafic d’ivoire se porterait très bien en terre gabonaise, malgré les actions de répression et de dissuasion, est-on tenté de dire à l’issue de l’arrestation, le 20 juin 2015, de deux trafiquants en possession de quatre pointes d’ivoire estimées à un peu plus de 10 kg.

Les deux trafiquants d’ivoire arrêtés par la police judiciaire. © conservation justice

Les deux trafiquants d’ivoire arrêtés par la police judiciaire. © conservation justice

 

Cette énième prouesse des officiers de policier judiciaire, réalisée à la suite d’une enquête minutieusement menée, en collaboration avec la direction de la lutte contre le braconnage et l’organisation non gouvernementale Conservation Justice, sur la vente d’ivoire au quartier dit «Boulevard», dans le deuxième arrondissement de la commune de Libreville, démontre l’insouciance de l’Homme sur les risques d’extinction de l’espèce menacée qu’est l’éléphant.

Les pointes d’ivoires dans le sac. © conservation justice

Les pointes d’ivoires pris dans le sac. © conservation justice

La transaction dans laquelle étaient engagés le soldat permissionnaire de l’armée de l’air, Chyvarold Ndoumbangoye, et son cousin nommé Herman Sandonga Ndoumbangoye, devait se conclure autour de 100 000 francs CFA par kilogramme, soit 1 million de francs CFA pour le butin intercepté.

Les prévenus sont gardés à vue à la police judiciaire afin d’être entendus par les eaux et forêts sur procès-verbal de constatation d’infraction et d’être déférés devant le parquet de la République.

Pour ce qui est du cas particulier du sieur Ndoumbangoye Chyvarold, militaire, précise un communiqué de Conservation Justice, «la loi n°7/73 du 20 décembre 1973 dite code de justice militaire dispose en son article 4 : Tous les autres crimes, délits et contraventions commis en temps de paix par les militaires ou assimilés seront jugés au début des audiences par les tribunaux ordinaires, conformément aux dispositions du Code de procédure pénale, du Code pénal et des lois pénales de droit commun». Expliquant que tout militaire poursuivi des infractions de droit commun est jugé selon les procédures de droit commun.

Si l’on se conforme aux dispositions de l’article 275 du code forestier, les deux indélicats encourent six mois d’emprisonnement et 10 millions de francs d’amende. Le trafic d’ivoire est devenu le quatrième trafic le plus important au monde après le trafic de drogue, la contrefaçon et la traite d’êtres humains. Les chiffres du braconnage sont chaque année de plus en plus alarmants.