Une trentaine de trafiquants présumés de Kévazingo, dont deux agents du ministère des Forêts, ont été arrêtés, le 3 novembre dernier, près du chef-lieu de l’Ogooué-Ivindo.

Des grumes de Kévazingo. © sciences.tv5monde.com

Des grumes de Kévazingo. © sciences.tv5monde.com

 

La lutte contre le trafic de Kévazingo bat son plein dans l’Ogooué-Ivindo, où une trentaine de personnes ont été arrêtées le 3 novembre dernier. Selon le réseau Eco Activists for governance and law enforcement (Eagle), un groupement international d’ONG de défense de l’environnement, parmi les personnes interpelées figurent cinq Chinois, mais aussi et surtout les deux principaux représentants du ministère des Forêts dans la région ainsi que le vice-président du conseil départemental. «Le Gabon est sans doute le premier pays qui frappe fort. Donc, on espère que ça va servir d’exemple pour le reste du pays et pour les autres pays aussi», a déclaré le président et fondateur de l’ONG Conservation justice, auteur d’un rapport accablant sur l’exploitation illégale du Kévazingo. «C’est un combat qui n’est pas facile. On espère que ça va être un nouveau point de départ pour dissuader les exploitants illégaux et leurs complices éventuels», a-t-il poursuivi, relayé par RFI.

Luc Mathot assimile ce trafic à une forme de criminalité sous-estimée. «On peut gagner beaucoup d’argent dans l’exploitation illégale, comme dans l’ivoire par exemple, avec des sanctions assez faibles. Et l’application de la loi est souvent trop faible», a-t-il déploré, saluant l’engagement du Gabon dans ce combat. Un trafic que nombre d’analystes attribuent à la forte demande de ce bois précieux. «Il y a des Européens, des Libanais, des Chinois, des Indonésiens. Mais c’est vrai que la Chine, déjà, est le plus gros demandeur. Même les exploitants européens exportent vers la Chine. Et je suis sûr qu’il y a des sociétés chinoises respectueuses également de la loi. Mais, malheureusement le constat est là : il y en a beaucoup aussi qui ne respectent pas la législation», a-t-il conclu.

Cette arrestation n’est pas sans rappeler celle d’il y a environ trois semaines, dans la même région, où trois éléments ont été mis aux arrêts pour le même mobile. Ce qui montre à suffisance l’ampleur du phénomène. En dépit de la législation en vigueur, nombre de personnes n’hésitent pas à se lancer dans l’exploitation de cette essence extrêmement rare et menacée d’extinction à cause de sa surexploitation.