Annoncée du 20 au 22 décembre prochain, la tournée dite «républicaine» de René Ndemezo’o Obiang à Bitam apparaît pour l’ancien ministre de l’Economie numérique originaire de la commune comme une campagne électorale avant l’heure et une façon pour son initiateur de tenter de réparer le tort causé aux Bitamois en août 2016.

Pastor Ngoua N’neme (à gauche) doute du caractère «républicain» de la tournée de René Ndemezo’o Obiang à Bitam. © Montage / Gabonreview

 

Qui du président du Conseil économique et social (CES) ou du président de Démocratie nouvelle (DN) est annoncé cette semaine à Bitam ? Cette précision, Pastor Ngoua N’neme voudrait bien l’avoir. Dans son adresse aux Bitamois diffusée sur son compte Facebook, l’ancien ministre de l’Economie numérique a douté du caractère «républicain» affublé à la tournée de René Ndemezo’o Obiang, à laquelle prendront part des membres du gouvernement originaires de la province du Woleu-Ntem. Il y voit une «mascarade qui est une campagne politique avant la lettre», et à travers laquelle l’initiateur (qu’il ne cite jamais nommément) «veut tirer parti d’une position d’Etat, en jouant de la confusion savamment entretenue entre les fonctions républicaines des uns et des autres pour tromper à nouveau le peuple».

Mais Pastor Ngoua N’neme prévient, «les Bitamois, les pédégistes n’oublieront pas de sitôt ces jours sombres» allant du 27 au 31 août 2016 au cours desquels certains, se réclamant de l’opposition et particulièrement du candidat Jean Ping, avaient violemment contesté la réélection d’Ali Bongo. L’ancien membre du gouvernement se rappelle : «Un homme politique originaire de Bitam, mécontent de la victoire du candidat PDG à l’élection présidentielle, n’a pas craint de jeter ses nervis contre les supporters d’Ali Bongo Ondimba dans la commune de Bitam, qui ont brûlé le marché, se sont attaqués aux commerces des ressortissants de la communauté haoussa, projetant même de brûler la mosquée de Bitam, la mairie, les habitations des cadres du PDG et de brûler les maisons des Haoussas… Ces faits ont causé d’importants dégâts matériels, entrainé la perte d’importants fonds de commerce, mais on ne déplora pas de victimes heureusement.»

Au moment où le président du CES, annonce sa tournée à Bitam, soit à quatre mois des prochaines législatives, Pastor Ngoua N’neme appelle à «dénoncer comme anti républicaine et contribuant à salir la République» une initiative qu’il présente comme «une balade d’un chef de parti avec ses cadres». Pour lui, le préfet du Ntem, Boniface Founguès, qui n’a pas cessé de communiquer ces derniers jours sur cette «tournée politique», contribue lui aussi à «souiller l’autorité de l’Etat». «On peut se demander (s’il) s’est bien assuré qu’il est dans son rôle ; a t il reçu un ordre écrit de sa hiérarchie l’informant de cette visite et lui enjoignant de l’organiser ?» s’est interrogé l’ancien ministre.