L’Elysée annonce à partir du 27 novembre une courte tournée en Afrique d’Emmanuel Macron. En dépit de ses relations supposées «au beau fixe» avec Ali Bongo, le président français n’a pas intégré le Gabon dans son programme.

Cette photo de mauvaise qualité montrant Emmanuel Macron s’entretenant avec Ali Bongo, le palais du bord de mer a tenu à ce qu’elle soit virale sur les réseaux sociaux. © D.R.

 

En marge du sommet Union africaine (UA)-Union européenne (UE) annoncé du 29 au 30 novembre prochain à Abidjan en Côte d’Ivoire, Emmanuel Macron prévoit de faire une courte visite de quelques pays africains. Selon l’Elysée, il s’agira essentiellement des pays de l’Afrique de l’ouest : le Burkina-Faso et le Ghana. Comme il fallait s’y attendre, le président français n’a inscrit aucun pays de l’Afrique centrale dans son programme de voyage. Même pas le Gabon, dont les autorités prétendent depuis des mois entretenir des rapports plus qu’amicaux avec Paris, en dépit des critiques et réticences de certains responsables politiques français à s’afficher avec les tenants du pouvoir au Gabon.

Il faut dire que depuis la réélection d’Ali Bongo, il y a plus d’un an, un malaise est clairement né dans la relation entre la France et le Gabon. Les événements survenus le 31 aout 2016 n’ont pas embelli l’image des autorités gabonaises à l’extérieur. Beaucoup s’en faut. Depuis, à coup de réformes et d’assises politiques et sociales, le pouvoir tente tant bien que mal de revenir dans l’estime de l’Elysée. Tous les moyens sont bons pour présenter un nouveau visage du pays à la France. Les moindres gestes d’attention de la France à l’endroit du Gabon -mêmes les plus institutionnels-, les moindres poignées de mains et la plus «logique» des invitations adressées par la présidence française à un représentant de Libreville sont brandis comme des preuves d’une cordiale attente. Ces images sont diffusées sur les réseaux sociaux ainsi que sur les médias publics ou privés proches du pouvoir comme des preuves que «tout va bien»,

Dans les quartiers malfamés de Libreville, comme dans le dernier hameau de Malinga, dans la Ngounié, l’on s’interroge : pourquoi Emmanuel Macron, «le meilleur ami d’Ali Bongo» n’a-t-il pas toujours effectué une visite au Gabon ? Les rapports entre le président français et son homologue gabonais seraient-ils aussi bonnes qu’on le prétend à Libreville, ou l’hôte de l’Elysée prévoit-t-il de se rendre au Gabon dans le cadre d’une visite particulière dans les mois qui viennent ? Rien n’est moins sûr. En attendant, du 27 au 30 novembre prochain, Emmanuel Macron se rendra au Burkina-Faso où il prononcera son discours fondateur de sa politique africaine devant des étudiants. Il y passera deux nuits. Suivront les étapes d’Abidjan et du Ghana.