La Police judiciaire (PJ) vient de démanteler un vaste réseau de contrefaçon d’ouvrages d’écrivains gabonais. De nationalité camerounaise, les dix présumés faussaires ont été présentés la semaine dernière au parquet de Libreville.

Livres contrefaçon Gabon

Quelques jours plus tôt, c’est l’Union des écrivains gabonais (Udeg) qui avait alerté sur l’existence de ce réseau mafieux, à travers une plainte auprès du procureur de la République. «Il s’agissait d’une action qui fait suite à l’acte dissuasif initiée l’an dernier, au cours de laquelle cinq personnes, toujours de nationalité camerounaise, avaient été appréhendées. Le phénomène ayant perduré, il était de bon aloi qu’une opération à grande échelle viennent y mettre un terme», a expliqué Sylvie Ntsame, présidente de l’Udeg.

Car, a-t-elle poursuivi, «pendant que les propriétaires des œuvres se creusaient les méninges, les contrefacteurs engrangeaient les bénéfices». Selon les éléments d’enquêtes de la PJ, «les présumés coupables se procuraient un exemplaire authentique de chaque ouvrage et l’envoyaient au Cameroun pour une reproduction industrielle. Une livraison qui se faisait par voie terrestre, en transitant par Bitam en direction de Libreville», a rapporté le quotidien «Gabon matin» dans sa publication du 20 mars.

Les faussaires nient cependant les faits, affirmant détenir les livres par le moyen d’échanges courant auprès des librairies «par terre» de Libreville, notamment au niveau de l’ancienne gare routière. La pratique consiste en effet pour le revendeur à se procurer des livres de seconde main auprès d’un tiers qui souhaite l’échanger ou s’en séparer. Mais, au regard de la quantité «industrielle» des ouvrages saisis, cette hypothèse a été immédiatement écartée.

L’opération louable, mériterait d’être pérennisée et étendue aux auteurs étrangers. En effet, il n’est pas rare de retrouver au marché noir des livres contrefaits d’auteurs non Gabonais. Tout comme il est habituel de voir certains commerçants vendre des livres pourtant marqués de l’inscription «interdit à la vente».