Les forces de défense et de sécurité sont engagées, depuis le 28 mai à Libreville, dans une intensive opération de contrôle de la circulation routière. Si beaucoup attribuent cette initiative à l’agression, pour le moment supposée, d’un agent de la Garde républicaine, le ministère de l’Intérieur est formel : elle vise simplement à lutter à lutter contre l’insécurité grandissante.

Archive : un contrôle à Libreville. © D.R.

 

Depuis le 28 mai à Libreville, plusieurs endroits à fort trafic automobile sont sous la surveillance des agents des forces de défense et de sécurité. Au niveau de certaines quartiers, comme Les Charbonnages, Ancienne-Sobraga, Feux-tricolores-d’Akébé, Alibandeng, carrefour-Lén-Mba, etc., des barrières Vauban de police ont été placées sur la chaussée pour plier les automobilistes à cette opération de contrôle à grande échelle.

Tirs d’arme à feu sur un soldat de la GR

Prise de conscience subite des autorités face à la montée grandissante de l’insécurité dans la capitale gabonaise ? Chacun y va de son commentaire. Pour la grande majorité, cette initiative serait liée à un fait inédit intervenu à Libreville le 28 mai, date justement du déploiement, dans la soirée, dudit dispositif sécuritaire. Selon plusieurs témoignages, en effet, un élément de la Garde républicaine (GR) s’est fait tirer dessus au niveau de Lycée national Léon Mba.

En service, ce dernier faisait partie des éléments du dispositif déployé pour le passage du convoi du chef de l’Etat. «Une voiture s’est arrêtée à sa hauteur : un des occupants a baissé la vitre, et a tiré sur lui au moins une fois. », a indiqué l’Agence France presse (AFP). Le véhicule a aussitôt pris la fuite avant de se volatiliser dans la nature, rapporte une bonne source. Blessée au bas de l’abdomen, la victime a d’abord été internée à la clinique El Rapha avant d’être évacuée, le 29 mai, à l’Hôpital d’instruction des armées Omar Bongo Ondimba, communément appelé Hôpital militaire. Le fait, qui n’a officiellement pas été confirmé, est d’ailleurs largement relayé sur les réseaux sociaux, où une photo d’un soldat de la GR présenté comme l’infortuné circule.

Intensification sécuritaire et changement de dispositif sur le trajet présidentiel

Il n’en fallait pas plus pour que le ministère de l’Intérieur recadre les choses : l’opération de contrôle déployée depuis 48 heures à Libreville n’est en rien lié à ce qui se raconte sur la toile. «Cette opération ne résulte pas de ce qui se dit sur les réseaux sociaux sur une pseudo-agression d’un agent de la GR. Le lancement de cette opération a fait l’objet, en amont, d’une communication du ministère de l’Intérieur dans les médias internationaux», a affirmé le conseiller en communication du ministre de l’Intérieur. «Vous constaterez d’ailleurs qu’il s’agit d’une opération conjointe des différents corps des forces de Défense et de Sécurité : gendarmerie et police», a souligné Jean Eric Nziengui Mangala.

Il reste qu’à l’observation, le dispositif humain de la GR sur le trajet du président de la République a changé au lendemain du tir supposé sur le soldat susmentionné : désormais, les éléments de la GR sur le trajet du président de la République vont systématiquement par pair, plutôt en singleton comme par le passé sauf à certains endroit. De plus, désormais, ils tiennent en main leurs fusils avant même le passage du président, alors que par le passé ceux-ci étaient d’abord portés dans le dos.

Si tant est que l’opération déployée n’a rien à voir avec les tirs sur le soldat de la GR, pourquoi le contrôle ne se limite-t-il qu’aux véhicules et leurs occupants ? Quid des quartiers sous intégrés où l’insécurité est à son pic ? Si l’opération en cours n’est pas une mauvaise chose en soi, l’on déplore cependant, comme c’est souvent le cas en pareil moment, une rareté de taxis dans les zones contrôlées.