Convaincu par les résultats du dernier audit de ce que les opérateurs de téléphonie mobile installés au Gabon refusent de faire des efforts pour améliorer la qualité de leurs réseaux, le ministre d’Etat à l’Economie numérique à appelé, mercredi, l’Arcep à prononcer des sanctions à leur encontre.

Guy-Bertrand Mapangou, le 17 octobre 2018, lors de la présentation des résultats de l’audit de l’Arcep. © Gabonreview

 

Patrice Miconi, COE de PMI Conseil, le 17 octobre 2018, à Libreville. © Gabonreview

Grosse colère au ministère de la Communication et de l’Economie numérique ce mercredi 17 octobre à l’occasion de la présentation des résultats du 12e Audit de la qualité des réseaux mobiles du Gabon. Guy-Bertrand Mapangou a demandé à l’Agence de régulation des communications électroniques et des postes de prononcer des sanctions à l’encontre de Gabon Telecom et d’Airtel Gabon qui, selon lui, ne se contentent d’amélioration la qualité de leurs réseaux que dans les localités où ils tirent le plus d’avantages financiers, en dépit du cahier des charges qu’ils se sont engagés à respecter lors de l’attribution de la licence à technologie neutre, en juin 2017, et des mises en demeure ayant découlé de l’audit de 2016.

Au regard des résultats du 12e audit, il apparaît, en effet, que seules Libreville et Port-Gentil bénéficient d’une couverture de qualité presqu’irréprochable. Les zones rurales, quant à elles, ne semblent pas prises en compte dans les programmes de développement des deux opérateurs malgré leurs promesses répétées.

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«Globalement, les deux réseaux satisfont aux exigences des cahiers des charges sur Libreville et Port-Gentil, mais pas sur le reste du pays. Il y a une certaine fracture qui a été constatée, qu’il va falloir corriger rapidement», a exhorté Patrice Miconi le patron de PMI Conseil.

Lassé d’attendre que les manquements déjà décriés au terme de l’audit de 2016 soient comblés, Guy-Bertrand Mapangou a prévenu que l’Etat gabonais sera intransigeant cette fois. «En 2016, vous avez prétexté que 6 mois c’était trop court pour vous permettre de corriger les manquements observés. On vous a donné 2 ans. Vous n’avez rien fait pour améliorer la qualité de vos réseaux. Or, on vous a fait des facilités d’installation qui, au finale, ne vous servent à faire plus d’argent sans en faire profiter le Gabon. Vous n’allez pas continuer de vous jouer de votre partenaire qu’est l’Etat gabonais. Ce n’est pas amical», s’est-il emporté.

Au président et au secrétaire exécutif de l’Arcep, le ministre a demandé de «sévir» au plus vite. «Quand il n’y a pas de rigueur dans un Etat, ça ne marche pas, a-t-il prévenu. Il faut sévir. Un cahier des charges est fait pour être respecté. Sinon, nous risquons de ne pas atteindre les 15% de participation que nous prévoyons pour le numérique au PIB.»

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Réalisé du 20 août au 18 septembre 2018, le 12e Audit de la qualité des réseaux mobiles du Gabon a concerné 29 villes. 2 630 communications voix (appels) ont été testés par les auditeurs sur chacun des deux réseaux 2G et 3G. 770 tests data (3G et 4G) ont été réalisés, dont 4 0620 tentatives d’ouverture de page Web et 3 080 chargements et téléchargements de fichiers.

Les résultats de l’audit seront transmis officiellement aux deux opérateurs, a promis Lin Mombo, président de l’Arcep, qui a également annoncé que si des sanctions interviennent, celles-ci seront conformes aux textes en vigueur et seront «proportionnelles à la faute commise». «Par rapport à 2016, les choses ne se sont pas améliorées, elles tendent même à se dégrader. Et nous sommes tristes de cette réalité», a-t-il déclaré, tout en mettant en garde les opérateurs de ce que les cahiers des charges pourraient se voir renforcées si des efforts ne sont pas faits.