Croulant sous l’insalubrité, sans gynécologue, manquant de tout pour le fonctionnement de son plateau technique, le Centre hospitalier régional Benjamin Ngoubou de Tchibanga est fermé aux patients du fait d’une grève de son personnel, depuis bientôt deux semaines. Le personnel réclame le paiement des primes de garde et le départ de l’actuelle directrice.

La salle d’attente vide de l’hôpital Benjamin Ngoubou de Tchibanga. © Gabonreview

 

Le personnel du Centre hospitalier régional Benjamin Ngoubou de Tchibanga a entamé, le 29 mai dernier, un mouvement de grève générale illimité en vue de dénoncer le péril de cette structure médicale. La situation est en effet caractérisée par un plateau technique (laboratoire, bloc opératoire, salle d’accouchement, radiologie, salle d’anesthésie, pharmacie) à l’arrêt du fait de «commandes non effectuées».

L’accueil vide et quelques vues du Centre hospitalier régional Benjamin Ngoubou de Tchibanga. © Gabonreview

Ainsi, pour ce qui est des consultations externes, les populations de Tchibanga recourent à l’ancien hôpital où plus aucun personnel n’est disponible à partir de midi. Pour les cas graves, elles sont contraintes à un voyage de plus de 100 km pour rallier l’hôpital de l’Alliance chrétienne de Bongolo dans la province de la Ngounié.

Les grévistes du Centre hospitalier régional Benjamin Ngoubou réclament également le paiement des primes de garde. «Celles-ci sont payées à la tête du client, et quelques fois pas payées», indique un agent de l’hôpital. En vue d’un état des lieux complet, une rencontre est prévue, le mardi 12 juin prochain, entre le Directeur régional de santé Sud (DRS), en charge de la supervision des hôpitaux du Sud Gabon, et les grévistes syndiqués qui exigent le départ de l’actuelle directrice de l’hôpital.

Sans vraiment savoir ou indiquer si la directrice n’est pas confrontée à un problème de moyens financiers comme c’est le cas un peu partout dans le pays, un autre agent de l’hôpital laisse entendre : «depuis qu’elle tient la gestion de l’hôpital, elle n’en fait qu’à sa tête». avant d’ajouter : «Les agents affectés aux services commandes ne sont plus consultés, Jeanne Azizet, la  nouvelle directrice, a décidé de faire cavalier seule».

Au titre des autres problèmes à examiner figure par ailleurs le remplacement du gynécologue de l’hôpital ayant récemment été appelé à d’autres fonctions. Mais, la réouverture de l’hôpital est conditionnée par le ravitaillement de la pharmacie et du bloc opératoire en intrants (médicaments, réactifs, gants, petit outillage jetable, etc.). Le DRS aurait laissé entendre qu’une commande est en cours devant permettre le ravitaillement de la structure médicale, avant le jeudi 14 juin, en médicaments et autres intrants.

La structure hospitalière croule, d’autre part, sous une insalubrité indescriptible. L’entreprise Gabon Propre Services, partenaire de la mairie pour le ramassage des ordures dans le chef-lieu de la Nyanga, a suspendu sa prestation de service du fait de factures impayées, se raconte-t-il à Tchibanga. Ceux des habitants ayant un véhicule ou des amis en ayant sont contraints d’évacuer eux-mêmes les ordures hors de la ville. Qui a dit que le Gabon était en route vers l’émergence et qu’il y sera parvenu «à l’horizon 2025» ?