Réuni le 22 février à Libreville, le groupement patronal s’est penché sur le nouveau mode de financement du fonds dédié aux Gabonais économiquement faible (Gef). Prélevé à hauteur de 1% sur le chiffre d’affaires, cette taxe est boudée par le patronat.

Le président de la CPG (à droite) pendant les travaux du comité ad hoc, le 22 février 2017 à Libreville. © Gabonreview

 

Le comité ad hoc de la Confédération patronale gabonaise (CPG) s’est réuni le 22 février courant à Libreville. Au menu des travaux, une disposition de la Loi des finances 2017, imposant aux opérateurs privés une taxe de 1% sur le chiffre d’affaires, pour le financement du fonds des Gabonais économiquement faible (Gef). Une disposition boudée par l’ensemble du patronat.

Jean Bernard Boumah face à la presse. © Gabonreview

Censée entrer en vigueur le 1er mars prochain, cette taxe concerne, pour l’heure, les opérateurs privés réalisant au plus un chiffre d’affaires de 30 millions de francs CFA. «La taxe sur le chiffre d’affaires n’est pas bonne. Elle a été remise en cause depuis 1994 avec l’entrée en vigueur de la Taxe sur la valeur ajoutée (TVA)», a déploré le président de la CPG.

Selon Jean Bernard Boumah, cette taxe est d’autant plus mauvaise qu’elle impacte négativement la compétitivité des entreprises. «Il s’agit aujourd’hui d’une taxe sur le chiffre d’affaires qui est en cascade, qui impacte sur la compétitivité des entreprises, parce qu’elle constitue une charge. C’est très différent de la TVA, qui est un impôt neutre», a expliqué le président de la CPG.

«Actuellement, nos entreprises sont dans une mauvaise passe et nous pensons que cette disposition annihile la compétitivité des entreprises», a-t-il lancé. «Nous avons même saisi les parlementaires, en leur signifiant clairement qu’il y aura des effets pervers liés à l’application de cette mesure», a poursuivi Jean Bernard Boumah, brandissant les trois propositions de la CPG sur cette question.

Si elle s’est dite ouverte au financement du fonds des Gef, la CPG souhaite que la taxe sur le chiffre d’affaires soit nettement revue à la baisse. «1% c’est trop !», a insisté Jean Bernard Boumah. La confédération patronale pense également que cette disposition doit être étendue au secteur parapublic, tout aussi créateur de richesses.

«Nous souhaitons également que cette disposition concerne tout le monde. C’est impôt de solidarité qui doit donc s’adresser à tous», a-t-il suggéré. Par ailleurs, la CPG a également estimé que la cible des ayant-droits doit être clairement définie. «Nous ne pouvons pas comprendre que nous sommes 1,8 millions d’habitants et qu’il y a 800 000 Gef», a laissé entendre le président de la CPG.

La CPG a ainsi espéré que sous forme de relance ou de loi rectificative de la Loi des finances, ses points de vue seront pris en compte. «Nous voulons faire appel à la compréhension du gouvernement», a conclu Jean Bernard Boumah.

Avant cette taxe sur le chiffre d’affaires, le fonds des Gef était financé par les seuls opérateurs de téléphonie mobile, qui se voyaient prélever 10% de leur chiffre d’affaires. Une disposition combattue par la CPG, la qualifiant d’injuste. Gouvernement et CPG ont donc toujours autant de mal à s’accorder sur le financement du fonds dédié aux Gef.