Les récentes nominations, affectations et avancements intervenus lors du dernier Conseil supérieur de la magistrature ainsi que la mise sous bons de caisse des fonctionnaires et la réduction de 5 à 15% du salaire de certains risquent d’amener le Syndicat national des magistrats du Gabon (Synamag) à boycotter la prochaine rentrée judiciaire.

Le Synamag menace la rentrée judiciaire 2018-2019 (archives). © Gabonreview

 

Prévue pour le mois d’octobre prochain, la rentrée judiciaire 2018-2019 n’est pas tout à fait assurée. Le Synamag pourrait s’en servir pour faire pression sur les autorités, dont l’organisation syndicale n’apprécie pas les récentes initiatives. Hier à Libreville, Germain Nguema Ella et ses compagnons ont menacé de demander «la fermeture des juridictions» si l’Exécutif les y contraint. Il faut dire qu’ils n’apprécient pas beaucoup les nominations, affectations et avancements intervenus lors du dernier Conseil supérieur de la magistrature.

Le président du Synamag dénonce des décisions «d’une grossière illégalité et d’une particulière incongruité». Pour lui, «le Conseil supérieur de la magistrature a, une fois de plus, violé son devoir qui est de veiller impérieusement à la bonne administration de la justice». Il accuse notamment l’organe présidé par le président de la République d’avoir créé «des situations discriminatoires et foncièrement illégales».

L’autre raison de la colère du Synamag se justifie par les récentes mesures prises par le gouvernement en vue de réduire le train de vie de l’Etat et de relancer l’économie nationale. Si l’organisation syndicale est convaincue de ce que des économies peuvent être réalisées autrement qu’en touchant les salaires des fonctionnaires, pour elle, ces mesures visent un seul but : «mettre davantage de pression sur les conditions de vie déjà précaires des agents du public». Aussi, le Synamag dit désapprouver la plupart des mesures annoncées depuis juin dernier. Le syndicat les juge «incohérentes, inefficaces et sectaires».