Les adeptes des pistes nationales s’interrogent sur la destination des fonds de l’Etat alors qu’aucune une activité domestique, nationale ou internationale, n’a été tenue au Gabon depuis 2015, année de la réhabilitation du bureau fédéral supervisé par Martial Paraiso.

Les adeptes des pistes nationales s’interrogent sur la destination des fonds de l’Etat alors qu’aucune une activité domestique, nationale ou internationale, n’a été tenue au Gabon depuis 2015. © D.R.

 

Le landerneau athlétique du Gabon s’interroge sur la suite de la note N° 0045/MJS/SG/RPROSL/RUOSA. Tombée sur la place publique, elle est datée du 29 juin 2017 et signée de Bernard Obiang Metoulou, le directeur du Sport de haut niveau. Cette correspondance demande au directeur général des affaires financières du ministère du Budget des Comptes publics, d’effectuer un décaissement de l’ordre exact de 59 980 200 francs CFA au profit de la Fédération gabonaise d’athlétisme (FGA), présidée par Martial Paraiso.

Vrai ou faux document ? La classe sportive s’en interroge en tout cas. La fédération concernée n’ayant plus jamais organisé de compétitions domestiques, encore moins participé à une course internationale depuis sa réhabilitation en décembre 2015. Où donc ira cet argent alors que toutes les fédérations sportives sont littéralement en fin d’exercice 2017. Il faut peut-être remonter aux faits ayant engendré le blocage des activités de la FGA.

Le contexte

Martial Paraiso a été réhabilité en octobre 2015, par Blaise Louembé, alors ministre des Sports, avec un chronogramme portant sur les actions à mener. Notamment, le toilettage des textes réglementant le fonctionnement de cette discipline sportive au Gabon ; le renouvellement des ligues provinciales ; la convocation d’une assemblée générale inclusive pour adoption des statuts et, enfin, la tenue d’une assemblée générale élective à la fin du processus en mars 2016.

Alors que la classe sportive saluait l’arrivée du nouveau ministre des Sports, qui connait si bien le dossier de l’athlétisme et a d’ailleurs donné des injonctions à toutes les fédérations sportives pour l’organisation d’élections avant fin décembre 2016, cette échéance a été reportée en mars 2017. Au grand étonnement de tous, alors certaines fédérations ont été mises sous tutelle pour non-respect de ce calendrier – à l’instar du Tennis de table, du Kick Boxing, du Taekwondo, de la Boxe ou du Judo-, l’athlétisme est la seule fédération à bénéficier d’un report de son assemblée générale élective en décembre 2017 ; à titre exceptionnel précise la note circulaire numéro 62 /MJS/SG du 28 mars 2017 signée du secrétaire général Adjoint 2, Jean Paul Tiri. Pourquoi ce «à titre exceptionnel» pour la fédération d’athlétisme ?

La conséquence est que cette situation pénalise les jeunes athlètes qui ne savent plus à quel saint se vouer. Car depuis que Martial Paraiso a été réhabilité, rien n’est fait sur le terrain, pas une réunion officielle, pas de compétitions domestiques, aucune course à l’international, aucun séminaire de formation des formateurs. C’est le blocus total sur les pistes ; à en croire que cette situation arrange, les autorités actuelles du ministère qui s’y complaisent.

Il y a comme du «un poids, deux mesures» dans cette situation. On espère simplement que l’opération Mamba que le ministre des Sports a récemment lancé jettera un regard particulier sur ce qui ressemblerait bien à un détournement, sinon à une tentative de détournement, des fonds publics. Le décaissement de 59 millions de francs suscité doit s’effectuer sur la ligne budgétaire 83. 18. 647. A2. K2. 2-4.