Estimant être mis à l’écart de la fête du football qui démarre bientôt dans leur localité, les populations vivant dans les villages attenants au stade d’Oyem ont interpelé le président de la République. Ils regrettent la non-matérialisation des engagements du gouvernement.

Des responsables du Cercle Odock, lors de leur point de presse du 6 janvier 2017. © D.R.

 

A moins d’une semaine du coup d’envoi de la Coupe d’Afrique des nations (Can), dans les villages avoisinants le stade d’Oyem, l’heure est loin d’être à la fête. Les ressortissants d’Assok-Ngomo 2, Assok-Ngomo 1, Sougoudzap, Medoumou 1, Abang, medoumou 2, Yanaga et Adzap-Nye se sentent écartés de l’évènement et regrettent la non-matérialisation des engagements du gouvernement. Ils ont d’ailleurs tenu à interpeller le président de la République, «le seul à  pouvoir faire bouger les choses pour la réalisation des attentes des populations locales». Et les attentes, il y en a beaucoup.

Parmi les principales, le 6 janvier, le Cercle Odock, une association chargée de la défense des intérêts des habitants des 8 villages, a évoqué la question liée à l’eau et l’électricité promises aux villageois depuis septembre 2015. Si plus d’un an après cette promesse qui reste à matérialiser, l’association n’a pas manqué de rappeler que «le gouvernement avait pris l’engagement solennel de doter les villages avoisinants le futur stade d’Oyem de l’eau, de l’électricité et même des maisons socio-économiques sur le site, à l’instar de la nouvelle commune d’Akanda». L’engagement avait été pris à l’époque par Blaise Louembe «en présence du président de la République Ali Bongo Ondimba», avant d’être réitérée en décembre 2016 par l’actuelle ministre en charge des Sports, Nicole Assélé, lors de la visite du stade.

Le Premier ministre, quant à lui, ont rappelé les riverains, «avait retenu l’adduction en eau et en électricité des villages environnant le stade d’Oyem dans son programme d’urgence des actions prioritaire à réaliser en 100 jours». Pourtant, selon le Cercle Odock, ni Emmanuel Issoze Ngondet ni Nicole Assélé n’ont souhaité accéder à leurs différentes demandes d’audiences, pas plus que les deux membres du gouvernement n’ont daigné répondre aux correspondances qui leur ont été adressées, visant à comprendre la raison du blocage des projets annoncés. «Pour préserver nos forêts de la prédation foncière, nous réitérons que la limitation de la zone d’utilité publique soit réservée exclusivement à l’espace directement liées aux infrastructures du stade d’Oyem ; soit 30 hectares. Nous réclamons le dédommagement des populations pour les cultures détruites, les espaces occupés et le préjudice causé, ceci conformément à la loi n° 6/61 du 10 mai 1961, et la loi n°007/2014 du 1er aout 2014 ainsi que le décret n° 1016/PR/MAEDR du 24 aout 2011», a adressé l’association à Ali Bongo.

S’agissant de l’organisation de la Can proprement dite, les habitants des villages attenants au stade d’Oyem ont dit regretter leur mise à l’écart par le Cocan. Ils ont d’ailleurs mal pris le fait que les jeunes volontaires ayant été mis à contribution pour l’organisation du match test sur le stade, le 7 janvier, aient été choisis parmi ceux de Bitam et de la ville d’Oyem.