Connu pour être un proche de l’ancien directeur de cabinet du président de la République, Hervé Ndong est entendu depuis plusieurs heures au B2. Tout porte à croire que son audition entre dans le cadre de l’«Opération Mamba».

Hervé Ndong Nguema. © capture d’écran/Youtube

 

Décidée par le président de la République au terme de son premier mandat et lancée il y a un peu plus d’un mois, l’«Opération mamba» semble ne pas avoir fini de faire des victimes. Après l’interpellation d’anciens hauts cadres de l’administration publique, à l’instar de Magloire Ngambia, Etienne Dieudonné Ngoubou et Blaise Wada, le tour est venu pour d’autres personnalités, pourtant réputées proches du pouvoir de s’expliquer devant les enquêteurs.

Caravane médicale de l’ONG d’Hervé Ndong (en bas) avec banderole en hommage à Maixent Accrombessi. © ONG-Convergence pour l’Unité

Parmi elles, Hervé Ndong Nguema, le président de l’ONG Convergence. Présenté comme un personnage sulfureux à l’invective facile, n’ayant jamais hésité à faire étalage de sa fortune, ce proche de l’ancien directeur de cabinet d’Ali Bongo est entendu depuis le jeudi 9 février par la direction générale de la Contre-Ingérence et de la Sécurité Militaire (B2), rapporte une source familiale. Son interpellation pourrait s’inscrire dans le cadre de l’«Opération Mamba». Il serait donc cité parmi les responsables présumés de détournement de l’argent public durant le premier mandat d’Ali Bongo.

Mais l’interpellation puis l’audition d’Hervé Ndong, estiment certains, notamment quelques journaux gabonais, procéderait d’une opération de démantèlement de la galaxie de l’ancien directeur de cabinet d’Ali Bongo, tant elle ressemble à une traque des «Accrombessi boys».

De même que l’ex-ministre du Pétrole et des Hydrocarbures, Hervé Ndong est connu pour être un proche de Maixent Accrombessi. Mais à l’inverse d’Etienne Dieudonné Ngoubou, moins enclin à le montrer en public, le président de l’ONG Convergence avait toujours attaché du prix à ce que ça se sache, au point de revendiquer à tout-va cette relation privilégiée avec le tout-puissant dircab de l’époque.

Au milieu de l’année 2015, l’ONG Convergence pour l’Unité dont il est le promoteur, avait organisé une caravane médicale traversant quelques provinces du Gabon et dont les banderoles clamaient «Merci à Ya Maixant». Nombreux se demandaient alors d’où ce jeune homme tirait-il l’argent pour de telles manifestations. En août de la même année, il avait d’ailleurs initié à Libreville, en face de l’ambassade de France au Gabon, une manifestation visant à dénoncer les «provocations» de la France vis-à-vis du Gabon.

Hervé Ndong s’était alors fait le porte-parole d’un collectif circonstanciel de soutien à Maixent Accrombessi, alors empêtré dans une affaire de «corruption d’agent privé en France», la fameuse affaire Mark. Le président de l’ONG Convergence et ses compagnons parmi lesquels Serge Williams Akassaga et Fréderic Ntera Etoua avaient vivement critiqué la mise en garde à vue de l’ancien directeur de cabinet d’Ali Bongo.

L’interpellation de ce jeune homme va en tout cas étonner bien de Gabonais qui l’ont vu investir les plateaux de télévision pour défendre «la politique du chef de l’Etat», selon l’expression consacrée. Il croisait alors le fer verbal contre des opposants bien souvent plus outillés et structurés que lui, prouvant ainsi un engagement à défendre bec et ongles son camp.

Si l’opération Mamba s’intéresse, selon le Premier ministre, Emmanuel Issoze Ngondet, «à tous ceux qui, au quotidien, posent des actes de gestion et dont l’action et le train de vie présentent manifestement des indices de prévarication», l’arrestation d’Hervé Ndong sonne comme une prise de menu fretin. Et l’on en vient à se demander jusqu’où ira cette opération ?