Lobbyiste, reconnu proche de la famille Bongo, Joseph Szlavik vient de se voir saisir près de 500 000 USD par les agents fédéraux américains, qui le soupçonnent de blanchiment d’argent depuis quelques années, au profit, entre autres, d’Ali Bongo.

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Au palais du bord de mer, à Libreville, on se refuse à tout commentaire sur le sujet, tout comme on nie l’existence d’un quelconque rapport entre Ali Bongo et Joseph Szlavik. Des doutes subsistent. D’autant que le nom du lobbyiste américain avait déjà été mêlé à celui du président gabonais ainsi qu’à celui de son ancien directeur de cabinet Maixent Accrombessi, en février 2014. A l’époque, Joseph Szlavik était sous le coup d’une enquête des autorités américaines pour des transferts de fonds du Gabon vers les Etats-Unis. Des fonds qui, avait-il dit lors de son audition, étaient destinés à Inge Collins… l’ex-épouse d’Ali Bongo, qui lui réclamait un moment sa pension alimentaire. C’est donc sans surprise que, jeudi 11 mai, le nom du président gabonais est revenu dans la presse américaine concernant un supposé blanchiment d’argent.

«Les agents fédéraux ont saisi près d’un demi-million de dollars d’un lobbyiste de Washington accusé d’aider la famille au pouvoir du Gabon et d’autres clients à se soustraire à la réglementation sur le blanchiment d’argent», lit-on dans The Wall Street Journal. Selon le titre américain aux 35 Prix Pulitzer qui dit avoir consulté les documents saisis par le gouvernement fédéral, «le lobbyiste, Joseph Szlavik, a reçu des millions de dollars du Gabon, Abu Dhabi et de la Suisse dans un compte qu’il a ouvert à Citizens Bank, avant de les décaisser à la demande de ses clients». A quoi ont servi les milliers de dollars envoyés du Gabon ? Pour le site africapostnews.com qui a également relayé l’affaire, il «aurait été réparti entre [Inge Collins] à Los Angeles, une société de production, une société d’aviation en Floride, une parodontiste à Alexandrie (État de Virginie) et un bijoutier de New York, entre autres».

Pour l’heure, au Gabon, on fait encore peu de cas du rebondissement de cette affaire, et l’on compte, certainement, une nouvelle fois sur l’immunité d’Ali Bongo. Les autorités américaines ne sauraient amener à faire citer le président gabonais sur ses liens présumés avec Joseph Szlavik et sur la véracité des déclarations du lobbyiste.