Estimant avoir été mal compris lors de sa précédente sortie, où il suggérait que ni Jean Ping ni Ali Bongo ne soit à la tête de l’Etat, le secrétaire exécutif adjoint de l’UN précise davantage sa pensée.

Paul-Marie Gondjout précise sa pensée sur le «Ni-ni». © Gabonews.

 

Alors que la polémique enfle sur l’hypothèse émise par certains acteurs politiques, celle d’écarter Jean Ping et Ali Bongo, afin de sortir le pays de la crise politique survenue à la suite d’élection présidentielle d’août 2016, Paul-Marie Gondjout, l’un des précurseurs de cette pensée, a tenu à clarifier sa pensée.

Au cours d’un point presse donné  lundi 31 juillet à Libreville, le secrétaire exécutif adjoint de l’Union nationale(UN) a dit avoir été mal compris. «J’avais ainsi dit que s’ils ne veulent pas de Jean Ping comme président de la République, nous ne voudrons pas d’Ali Bongo l’usurpateur à la tête de l’Etat, et si cela devrait perdurer, ce serait alors ni l’un ni l’autre», a-t-il nuancé.

Il a expliqué qu’il n’a jamais voulu que Jean Ping soit mis hors de course dans le processus politique en cours. «Car il est celui qui a gagné la dernière élection présidentielle. J’ai voulu démontrer au contraire pourquoi Ping s’est vu refuser la victoire, à cause de nombreux et puissants obstacles qui l’en ont privée», a-t-il indiqué.

Paul-Marie Gondjout a relevé cependant que le départ d’Ali Bongo est une nécessité dans la recherche d’une décrispation du climat politique. Il a exhorté les Gabonais à œuvrer pour une cristallisation des vertus démocratiques, en se projetant au-delà de «la revendication de la victoire de Jean Ping pour dire stop au déni de démocratie et pour rassembler les Gabonais de tous bords autour d’un objectif commun, de reconstruction de notre vivre ensemble dans la République», a-t-il conseillé.

S’il préconise en définitive l’annulation de cette élection, suivie d’une transition inclusive et réformative, pour organiser de nouvelles élections, c’est parce qu’il présage à l’horizon le risque d’«une situation de confrontation aux conséquences incalculables».  Selon Gondjout, «Ali Bongo qui a volé et tué s’entête avec ses faucons à ne pas reconnaitre leur forfait, préférant laisser le Gabon s’enfoncer dans le désordre. D’autres part, Jean Ping, le vainqueur de l’élection, mais qui ne gouverne pas, s’enferme dans une posture qui n’a pas réussi à convaincre la communauté internationale d’agir concrètement dans son sens». Deux positions inconciliables, pense-t-il.

Toutefois, préoccupé par la réconciliation nationale, le cadre de l’UN opte pour une réparation et un réconfort des compatriotes victimes de diverses répressions, ainsi qu’à leurs familles qui ont tant perdu et souffert.Ce dernier refuse de les confiner dans une rancœur infinie. De même, il a milité pour une application de la justice et les lois de la République et non la haine pour les coupables d’actes de tuerie, de vol, de pillage, de tricherie exercés au terme de la présidentielle d’août 2016.

Un clin d’œil à la jeunesse gabonaise qu’il pressent avoir «…du mal à se repérer et à connaître sa place dans la construction nationale. Elle est la ressource pour impulser le changement et le mettre en œuvre», a révélé Gondjout.

Auteur : Alain Mouanda