A la faveur d’une déclaration, mercredi 29 novembre à Libreville, le président du parti Le Gabon nouveau (LGN) a interpellé les dirigeants européens présents à Abidjan (Côte d’Ivoire) dans le cadre du sommet Union européenne-Union africaine, sur «les souffrances des populations africaines et sur les espoirs qu’elles placent dans leur leadership et leur action».

Mike Steeve Jocktane, le président du Gabon nouveau. © Gabonreview

 

Démarré ce 29 novembre dans la capitale ivoirienne, le sommet UE-UA abordera principalement la question de l’investissement au profit de la jeunesse des deux continents. Pour Mike Steeve Jocktane, c’est déjà bien mais il en faudra plus. Le président du parti Le Gabon nouveau souhaite que la condition des Africains ne soit pas oubliée dans les débats qui auront lieu jusqu’au 30 novembre prochain à Abidjan. Aussi, a-t-il tenu à «interpeller (les dirigeants européens) sur les souffrances des populations africaines et les espoirs qu’elles placent dans leur leadership et leur action».

S’il est vrai que l’EU est un des principaux partenaires commerciaux et un des premiers soutiens de l’Afrique qui le lui rend bien, l’essentiel ne doit pas être occulté, a estimé Mike Jocktane selon qui, «malgré cette ancienne et étroite coopération avec l’Europe, le continent africain continue de souffrir de la mal-gouvernance, de la pauvreté et de l’insécurité». «Le Gabon n’échappe pas à cette triste réalité», a-t-il précisé, invitant les dirigeants européens à «ne pas se fier aux apparences».

«Comme dans un certain nombre de pays africains, le régime autocratique qui gouverne le Gabon a conduit le pays, l’Etat, à la faillite. Cette faillite s’observe aussi bien au plan politique, économique et que social. Au plan politique, le pays est toujours divisé à la suite de la grave crise post électorale qu’il a connue en 2016. Malheureusement, le pouvoir qui s’est maintenu par la force des armes, refuse obstinément de s’engager dans la voie d’une réconciliation nationale vraie que nous appelons depuis plusieurs mois déjà de nos vœux», a déclaré le président de LGN.

Faisant mine de regretter presque sa participation au dialogue politique national de mars à mai 2017, Mike Jocktane a peint le Gabon actuel dans ses traits les plus sombres, dénonçant une justice, une administration et une armée des vainqueurs : «Les évènements que le pays a vécu en 2016 témoignent de la faillite du pouvoir en place. La faillite de l’Etat se constate aussi au niveau de la gouvernance économique où le racket, la corruption et la fraude sont institués en système de gouvernance. Le harcèlement fiscal asphyxie les entreprises. Au Gabon, investir dans la jeunesse, c’est instrumentaliser cette jeunesse à des fins électoralistes et l’abandonner par la suite sans emplois et sans ressources. Au Gabon, investir dans la jeunesse, c’est pourchasser élèves et étudiants sur les campus, interdire leurs activités syndicales, les racketter aux examens et concours et les embastiller pour les faire taire».

Pour l’opposant qui a appelé à «la normalisation démocratique» des pays africains, la coopération internationale ne sera bénéfiques aux Africains, particulièrement aux jeunes Africains «que si la gouvernance change, si l’Etat et les institutions de la République sont conçus et mobilisés pour servir la justice, les libertés politiques, économiques et sociales, pour protéger la propriété privée et pour assurer la défense et la sécurité nationale». Espérons que son message soit entendu.