Une séance de travail a réuni le 12 octobre à Libreville, les autorités gabonaises et les ambassadeurs des pays membres permanents du Conseil de sécurité des Nations unies. Objectif : clarifier l’affaire des militaires gabonais de la Mission des Nations unies en République centrafricaine (Minusca) accusés de viol.

Les membres du gouvernement gabonais et le P5 réunis à Libreville, le 12 octobre 2017. © D.C. Communication Affaires étrangères

 

Les membres du gouvernement gabonais et le P5 réunis à Libreville, le 12 octobre 2017. © D.C. Communication Affaires étrangères

Le ministre gabonais des Affaires étrangères et son collègue de la Défense nationale ont échangé, le 12 octobre à Libreville, avec les ambassadeurs des pays membres du P5, les membres du Conseil de sécurité des Nations unies (Chine, États-Unis d’Amérique, Fédération de Russie, France et Royaume-Uni). Les discussions ont porté sur le dossier du contingent gabonais de la Mission des Nations unies en République centrafricaine (Minusca), impliqué dans des viols en République centrafricaine. Une enquête des ONG, en Centrafrique, indiquait en effet que 31 militaires gabonais de la Minusca étaient soupçonnés d’exploitation et d’abus sexuel sur mineure lorsqu’ils étaient en poste dans ce pays.

Face à cette charge, le gouvernement gabonais avait promis de faire la lumière sur cette «sulfureuse» affaire. Un retard considérable a cependant été enregistré dans le rendu des conclusions de l’enquête. D’où la réunion avec les ambassadeurs du P5. Ces derniers souhaitent également savoir ce qu’envisageait faire le Gabon pour que les cas de viols ne se reproduisent plus.

La partie gabonaise, pour sa part, a clarifié sa position et réitéré sa pleine collaboration avec les Nations unies, affirmant par ailleurs que les militaires gabonais continueront d’être présents en RCA. Certaines indiscrétions ont rapporté par ailleurs que de nombreuses zones d’ombre ont été soulevées par les autorités gabonaises.

Selon elles, «des militaires gabonais n’ont jamais été dans certaines régions où on leur a attribué des enfants âgés de six ans alors qu’ils n’y ont passé que trois ans». «On cite même des région où ils n’ont jamais été», auraient relevées les autorités gabonaises, ajoutant que ce dossier est «assez flou».

Toutefois, le gouvernement gabonais a indiqué avoir pris des mesures pour corriger le tir. Il a rappelé le contingent incriminé qui faisait partie, au départ, de la mission de «fraternisation et de pacification de l’Union Africaine (UA) en RCA». Plus tard, il a été basculé dans la Minusca, impliquant un changement de mission. «Or les militaire gabonais n’ont pas été formés ni même préparés pour cette nouvelle mission dans un cadre onusien où les règles changeaient drastiquement et sont très strictes», a rapporté une source proche du dossier.

Depuis, le Gabon s’est engagé dans l’amélioration de la participation de ses militaires, par une formation plus rigoureuse et la signature, volontaire, d’un engagement contraignant par chaque membre d’un contingent. Et dans ce sens, ceux ne respectant pas les normes ont déjà été victimes des sanctions. «Quatre militaires ont déjà été rapatriés pour violation des règles», a révélé une autre source proche du dossier.

La rencontre entre les membres du gouvernement gabonais et les ambassadeurs du P5, fait suite à celles ayant eu lieu entre Ali Bongo et le Secrétaire général de l’Organisation des Nations unies (Onu), Antonio Guterres, lors de la l’Assemblée générale de l’Onu, à New York.