Avec des charges mensuelles estimées à 671 millions de francs pour un chiffre d’affaires annuel de 50 millions de francs, la Société gabonaise de transport (Sogatra) est une des plus voraces et une des moins productives entreprises de service public.

Sogatra, une des plus voraces mais des moins productives du service public. © Gabonreview

 

Faut-il fermer Sogatra ou la privatiser ? Encore taboue il y a quelques années, alors que la société de transport public se portait bien, cette question, certains se la posent désormais, y compris au sein de la boîte. Empêtrée dans une crise qui pourrait encore durer plusieurs années, les chiffres liés à son fonctionnement ne manquent pas d’étonner. Le premier est l’effectif des agents : 1700 selon le ministre des Transports et de la Logistique, Justin Ndoundangoye, qui s’y est rendu le 18 juin. Avec la crise financière qu’elle traverse depuis le départ d’Alain Ndjoubi Ossamy, l’on doute que la société ait besoin d’autant d’agents.

Pourtant, c’est pour satisfaire les revendications salariales de cet effectif que le patron actuel, Alphonse Oyabi-Gnala, a rappelé au ministre que l’Etat doit encore à la Sogatra 4,1 milliards de francs, correspondant au reste de la subvention (8 millions) allouée chaque année à la société. Il espère régler les cinq mois d’arriéré de salaire de ces 1700 agents. Au gouvernement, on ne semble pas très motivé à régler ce reliquat. Ce qui n’a pas empêché la direction générale de faire une nouvelle sollicitation financière à l’Etat.

671 millions de francs ! C’est le montant que la Sogatra espère désormais obtenir de l’Etat chaque mois. Une somme colossale qui ne représente en rien son rendement. Selon Justin Ndoundangoye, la société de transport public ne réalise qu’un chiffre d’affaires annuel de 50 millions de francs et sa consommation en carburant est estimée à «près d’un milliard de francs par an».

Où va l’argent récolté par Sogatra ? Qui fait quoi dans la boîte ? Quels sont ses véritables besoins ? Au ministère des Transports et de la Logistique, les questions sans réponses fusent. Pour Justin Ndoundangoye, un seul mot semble pouvoir tout régler : réorganisation. D’autres évoquent l’audit avant tout.