Alors que son ancien directeur général, mis en cause pour sa gestion, séjourne depuis plusieurs semaines à la prison centrale de Libreville, la Société nationale du logement social (SNLS) tente de se sortir de sa mauvaise passe.

Endettée à hauteur de 15 milliards de francs, la SNLS traverse une mauvaise passe. © Gabonreview

 

Accusé de détournement de deniers publics, concussion, corruption et association de malfaiteurs, Paul Mapessi séjourne à «Sans-Famille» depuis le mois d’octobre dernier. L’ex-directeur général de la SNLS, par son mode de gestion, a quasiment «coulé» cette société publique. A la faveur de la réunion tenue le 20 décembre au siège de la SNLS à Libreville, le président du conseil d’administration ne s’en est pas caché, «il y a péril en la demeure». Ambroise-Germain Banas a estimé que les objectifs assignés à la société n’ont pas été atteints. Mieux, tout semble avoir été fait pour faire plonger les comptes de la boîte qui, pour tenter de sortir de sa mauvaise passe, est contrainte de subir un plan de redressement. Pis, ne tirant l’essentiel de ses revenus que grâce à la vente de logements, la gestion de la cité Alhambra à Angondjé a également été retirée à la SNLS, dont la dette est importante et pas forcement saine.

En septembre dernier, profitant de la visite du ministre de l’Habitat dans leurs locaux, les responsables de la SNLS avaient informé le membre du gouvernement de ce que la société croulait sous «une dette abyssale». Aujourd’hui, cette dette a été revue à la baisse, a récemment confié le nouveau DG au quotidien L’Union. «Il fallait dans un premier temps, faire l’état des lieux de l’entreprise. A notre arrivée, nous avons trouvé une dette de 50 milliards de francs. A l’intérieur de celle-ci, nous nous sommes rendus compte qu’il y avait des surfacturations, des surcoûts, des contrats fictifs, en plus de l’arrêt des travaux des logements de Bikélé. Après vérification et moult négociations avec les banques, cette dette est passée de 50 à 15 milliards de francs», a précisé Joël Mbiamany Ntchoreret.

La vente des logements de Bikélé est désormais le seul espoir de la SNLS de voir ses affaires redémarrer. Arrêtée depuis plusieurs mois, les travaux de construction devraient reprendre en janvier 2018. La Caisse de dépôt et de consignation (CDC) avec laquelle la société a entamé des négociations devrait l’accompagner dans ce projet. Il en va de la survie et de l’avenir de la SNLS.