Société gérée comme un «débit de boisson», une «situation financière chaotique»… Tel était l’état de la Société nationale du logement social (SNLS) lors de sa reprise en main, il y a sept mois, par l’actuel directeur général, qui a dressé ce tableau sombre au ministre de l’Habitat, le 8 juin à Libreville.

Joël Mbiamany Tchoreret (à droite) et Germain Ambroise Banas (PCA), lors de la réunion avec le ministre de l’Habitat, le 8 juin 2018 à Libreville. © Gabonreview

 

Dans le cadre de sa série de visites au sein des structures sous tutelle, le ministre de l’Habitat était à la Société nationale du logement social (SNLS), le 8 juin à Libreville. A cette occasion, le directeur général de la SNLS a dressé l’état des lieux de la société lors de son arrivée à sa tête, il y a sept mois. «Nous avons trouvé une société gérée comme un débit de boissons. Il y avait juste un directeur général, son assistante, son chauffeur et le directeur commercial. Tous les autres services étaient inexistants et la comptabilité était externalisée. Nous n’avons trouvé que de nom, les bureaux d’étude censés suivre les projets. En d’autres termes, il n’y avait pas d’évaluation et de suivi des travaux réalisés», a déploré Joël Mbiamany Tchoreret.

Au cours des six derniers mois, la nouvelle équipe dirigeante s’est employée à remettre la société d’aplomb. «Nous avons mis en place la nouvelle structure de la société : une direction générale des affaires financière et administrative, une direction de l’accompagnement de l’exécution des projets, une direction du patrimoine et les services y afférents. Ces services étaient vitaux, même s’ils ont augmenté la masse salariale», a révélé le patron de la SNLS.

Moment de la séance de travail. Et, Michel Menga face à la presse. © Gabonreview

En prenant les rênes de la société, Joël Mbiamany Tchoreret a également trouvé une «situation financière chaotique». «Nous avons pu remettre les comptes à niveau. Et les comptes pour lesquels nous n’avons pas trouvé de services produits, nous les avons simplement mis de côté. Et nous avons demandé aux entreprises ayant produit ces factures, d’apporter un certain nombre de justifications. Vu que nous n’avons pas eu de réponses, nous avons eu près de 35 milliards de francs CFA mis de côté», a expliqué Joël Mbiamany Tchoreret.

Une situation caractérisant à elle seule le «désordre» qui régnait au sein de la société. Jusqu’ici, en effet, «aucun recours concret» n’a été introduit auprès des services de la SNLS. «Pour les services dont nous avons les preuves et les justifications, nous avons à peu près une dette de 1,5 milliard de francs CFA», a affirmé le dirigeant de société. Dans le cadre du paiement de cette dette, la société a notamment contracté, auprès d’une banque de la place, «un emprunt d’un encours de 400 millions de francs CFA, plus une ligne de crédit de 100 millions de francs CFA», a indiqué Joël Mbiamany Tchoreret.

Un amer constat dont a bien pris connaissance le ministre de l’Habitat, qui entend mettre du sien pour redonner des couleurs à la SNLS. «Il y a des problèmes liés à la jeunesse de cette structure. Mais sachez que ces problèmes trouveront des solutions au fur et à mesure», a déclaré Michel Menga. Ce dernier a cependant souligné que la SNLS n’est pas la seule à éprouver des difficultés. A l’instar de l’Institut national de la cartographie (INC), au sein duquel les conditions de travail sont très dégradées.

Une manière d’inviter le personnel de la SNLS à s’investir davantage, pour participer au relèvement de la SNLS. «Le ministère de l’Habitat a une image très écornée auprès des médias. Et vous-mêmes, vous êtes au fait de ce qui s’est passé ici (à la SNLS, ndlr). Il faut que nous relevions le défi : celui de redorer le blason de la SNLS et offrir aux Gabonais des logements décents», a conclu Michel Menga.