Une procédure express de radiation de six policiers «ripoux» a été reportée de justesse le 16 février dernier à Libreville. Les prévenus croupissent actuellement dans les geôles de la police judiciaire. L’action suit son cours.

Patrouille de police à Libreville.

 

Programmée pour le 16 février dans l’enceinte de l’Inspection de la Police sis à la zone industrielle d’Oloumi à Libreville, la révocation de quelques agents de police indélicats n’a plus eu lieu. Une source policière indique que l’organisation illico presto de cette cérémonie risquait de faire quelques entorses à la procédure idoine de retrait de l’immunité policière. Une erreur évitée de justesse.

L’affaire concerne six agents de police qui se seraient rendus coupables d’abus d’autorité sur de paisibles citoyens. Quatre d’entre eux sont accusés de diverses exactions. Notamment, l’intimidation, l’abus d’autorité et l’extorsion de fonds à des commerçants à travers les quartiers de Libreville. Les deux autres auraient arrêté sans raison un automobiliste au quartier Sotéga (Libreville) avant de le dépouiller d’une somme de 800 000 francs CFA. L’infortuné avait heureusement relevé l’immatriculation des deux ripoux.  Un véritable coup de chance pour lui. Car, malgré la décision prise récemment par le président de la République, stipulant que les agents des forces de l’ordre doivent arborer leur numéro de matricule, cette disposition n’est nullement appliquée sur le terrain par de nombreux policiers qui bravent de fait l’autorité du chef de l’État.

Même si on y compte un brigadier en chef, la plupart des agents concernés sont des nouvelles recrues. Ce qui renvoie à la sélection et à la formation de ces policiers recrutés un peu à la hâte pour les besoins de la 28e Coupe d’Afrique des nations de football organisée en partie par le Gabon. Un journal local, «Le Temps», a en effet signalé, il y a quelques mois, qu’alors qu’ils étaient encore en formation à l’École nationale de Police d’Owendo, deux élèves policiers avaient été pris en flagrant d’exaction au quartier IAI où ils avaient littéralement braqué un taximan. Le journal signalait des problèmes de budget pour les nourrir durant le casernement pour leur formation. Mais, véritablement, il était surtout question de l’absence d’une enquête de moralité avant leur enrôlement.

Les six policiers en phase de révocation sont actuellement en garde à vue dans les geôles de la Police judiciaire. Ils seront incessamment mis à la disposition de la justice qui devra trancher au sujet de leur culpabilité. S’ils sont reconnus coupables, plus rien ne pourra s’opposer à leur limogeage des effectifs de la police.

Même si sa compétence est controversée, le nouveau patron de la Police nationale gabonaise, le général de brigade Léon Mistoul, nommé à ce poste le 20 janvier 2012 par décret présidentiel, est précédé de la réputation d’avoir en horreur les contrôles policiers intempestifs et les abus d’autorité. On note, par exemple, qu’il a dernièrement fait écoper d’un blâme des agents du commissariat de police de Lalala qui s’étaient livrés à un contrôle inopiné. Ripoux, il va falloir vous tenir à carreau!