Près de huit ans après l’instauration de la Journée internationale des veuves sous l’impulsion du Gabon et l’adoption de textes de loi censés éradiquer le phénomène de la spoliation des conjoints survivants, la Première dame a fait, mercredi 20 juin, un constat d’échec sur le plan national.

Sylvia Bongo Ondimba, le 20 juin 2018, à Libreville. © FSBO

 

Porté par le Gabon auprès de l’Organisation des Nations unies (ONU), la Journée internationale des veuves a été instaurée en décembre 2010. Pourtant, près de huit ans après, le pays l’ayant proposé au monde n’est pas devenu un exemple dans la protection des conjoints survivants, particulièrement de celle de la veuve. Au Gabon, en dépit de la célébration, chaque 23 juin de cette Journée, la spoliation des veuves va bon train et rien ne semble en mesure d’éradiquer ce phénomène. Interpellée le 13 juin dernier par les «cris de détresse» d’une veuve spoliée, Sylvia Bongo Ondimba a regretté que les textes de loi censés protéger les conjoints survivants ne soient ni «accessibles» ni véritablement appliqués dans son pays.

Moments de la conférence-débat. © FSBO

«Est-ce tolérable qu’avec la mise en place de structures d’observation et de régulation, des veuves et leurs enfants continuent d’être spoliés, ici, au Gabon ? Où sont les voix de cette Nation ? Où sont ces voix qui s’élèveraient au-dessus des clivages et des débats politiciens, pour dénoncer, s’engager, revendiquer au nom de la justice, de l’égalité, de la dignité humaine ?», s’est interrogée la Première dame, mercredi à la faveur d’une conférence-débat organisée à Libreville sur la situation des veuves au Gabon.

Convaincue d’avoir «fait ce qui est juste» en faisant «évoluer le cadre législatif et règlementaire afin d’améliorer la protection et l’accompagnement du conjoint survivant dans l’acquisition de ses droits», Sylvia Bongo Ondimba craint que les résultats obtenus ces sept dernières années ne soient réduits à néant. «Par notre silence et notre passivité, nous cautionnons cette violence dont les victimes ne se relèveront jamais. Par notre silence, nous scions l’arbre sur lequel nous sommes assis», s’est-elle plainte, avant d’exhorter les autorités gabonaises, les experts du domaine et la société civile à «oser sortir de l’ombre pour impulser un véritable changement de mentalité».

Au Gabon, entre 2014 et 2015, selon les services du ministère en charge de la Prévoyance sociale, plus de 400 plaintes pour spoliation ont été déposées par les victimes.