Réagissant à la réponse du gouvernement sur son analyse factuelle de la situation budgétaire et financière, le parti de l’opposition a réaffirmé sa position, ce 11 juin. «La situation budgétaire et financière du Gabon porte un nom : faillite», insiste l’Union nationale.

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L’analyse factuelle de la situation budgétaire et financière du Gabon, faite et jugée «préoccupante» par l’Union nationale (UN), a poussé le gouvernement à réagir, le 7 juin dernier (lire «le gouvernement répond à l’Union nationale»). Cette réponse a occasionné une nouvelle sortie du plus grand parti de l’opposition gabonaise, ce 11 juin.  «Cette réponse du gouvernement oblige à donner un éclairage complémentaire à l’opinion publique et aux partenaires du Gabon, afin que la confusion dont nos contradicteurs ont le secret ne distraie pas les esprits sur un sujet d’importance capitale», a déclaré le commissaire national en charge du Budget à l’UN, dans une déclaration dont Gabonreview a obtenu copie.

Avant d’entrer dans le vif du sujet, Jean Gaspard Ntoutoume Ayi a fait observer que  son parti était surpris de constater que le ministre de l’Économie, «incapable d’assumer la vacuité de sa réponse, a contraint un haut fonctionnaire à la signer au nom du gouvernement». En effet, la déclaration consacrant la réponse du gouvernement à l’UN était signée du directeur général de l’Économie. «En agissant ainsi, le ministre de l’Economie a forcé son collaborateur à violer l’obligation de réserve à laquelle est astreint tout fonctionnaire enclin à se garder, es qualité, de toute forme d’expression politique. Par ailleurs, il fait découvrir à l’opinion son manque de courage et partant, celui du gouvernement», a affirmé Jean Gaspard Ntoutoume Ayi, soulignant qu’en dépit de la mise au point du gouvernement, «les questions que les Gabonais se posent sur la situation budgétaire et financière du pays n’ont toujours pas trouvé de réponses satisfaisantes».

D’autant que la réponse du gouvernement a conforté l’UN dans sa précédente analyse. «La situation budgétaire et financière du Gabon porte un nom : faillite», soutient le parti de l’opposition qui reste convaincu que la politique du pouvoir en place mène le pays au chaos. «Et ce ne sont pas les prévisions insincères présentées dans le projet de loi de finances rectificative qui y changeront quelque chose. Comme tous les ans depuis sept ans, les prévisions de croissance sont surestimées afin de justifier la surévaluation volontaire des ressources propres», a déploré Jean Gaspard Ntoutoume Ayi, soulignant qu’à chaque fois le gouvernement adopte le projet de loi de finances, il annonce des chiffres de croissance toujours supérieurs à ce qui en définitive se réalisera.

Le commissaire national en charge du Budget à l’UN n’en veut pour preuve que l’exercice 2011. Cette année, en effet, alors que le gouvernement avait annoncé une croissance de 7% dans son projet de budget, elle fut en réalité de 5,8%. Idem en 2012, où la croissance s’est finalement établie à 5,3%, au lieu des 7,4% annoncés par le gouvernement. Une réalité tout aussi observable l’année d’après, mais également en 2014, en 2015 et en 2016. «En 2013, 5,6% contre une prévision initiale de 7,1%. En 2014, 4,3% contre une prévision initiale de 5,1%. En 2015, 3,9% contre une prévision initiale de 5,7%. En 2016, le taux de croissance est estimé à 2,9% alors que le Gouvernement avait annoncé une croissance de 4,6% lors de l’adoption du projet de loi de finances de cet exercice», a rappelé Jean Gaspard Ntoutoume Ayi.

«Aussi, lorsque pour la loi de finances rectificative 2017, le Gouvernement assoit ses prévisions de recettes sur une croissance de 1,1%, alors que cette prévision de croissance était de 4,5% pour le budget initial, tout observateur comprend qu’en 2017, le Gabon entre en récession», a poursuivi le cadre supérieur de l’UN, regrettant qu’au lieu d’assumer cette grave situation et prendre les mesures qui s’imposent, «le gouvernement se complaît dans la dissimulation».

Dans ce sens, le parti de l’opposition s’est inquiété du recul constant de la croissance alors que, dans le même temps, le gouvernement vante ses performances. Selon les prévisions de l’UN, le taux de croissance établi à 5,8% en 2011, s’est retrouvé à 2,9% et il sera sera probablement négatif en 2017. «Et cette mauvaise performance de l’économie nationale n’est pas exclusivement liée au secteur pétrolier, puisque le PIB hors pétrole a lui aussi connu la même régression», a alerté Jean Gaspard Ntoutoume Ayi.

Et ce dernier de rappeler que le taux de croissance du PIB hors pétrole a été de 7,5% en 2013 ; 5% en 2014 ; 3,2% en 2015, 2,9% en 2016. Et il est annoncé à 1,8% en 2017. «Le ministre de l’Économie peut en effet être fier de sa performance», a ironisé Jean Gaspard Ntoutoume Ayi, apportant par ailleurs un ensemble de précisions dans la déclaration téléchargeable ICI sur la réponse du gouvernement.

En guise de conclusion, il ne fait aucun doute pour l’Union nationale, que «le projet de loi de finances rectificative 2017 n’est que le reflet des desseins du pouvoir dans le contexte politique de notre pays. Issus d’une captation du pouvoir et de deux coups d’États électoraux, les détenteurs actuels du pouvoir d’État veulent consolider financièrement les sombres présages qu’ils redoutent et les funestes projets qu’ils ourdissent sur le dos du peuple gabonais».

L’intégralité de la réplique de l’UN est téléchargeable ICI.