Les arnaques à la webcam font de nombreuses victimes à travers le monde et au Gabon où les parties intimes et jeux sexuels de certaines personnalités et célébrités sont jetés sur la place publique à travers les réseaux sociaux. Comment en arrive-t-on là ? Les contours, avec RTBF, de ces chantages à caractère sexuel.

Aguichage : jeune fille posant devant une webcamera. © Gabonreview/Shutterstock

 

Des élus locaux, des leaders politiques, des artistes de renom, des présentateurs de télévision et de nombreux quidams se retrouvent de plus en plus en tenue d’Adam sur les réseaux sociaux. Le dernier en date étant l’un des plus grands artistes plasticiens du Gabon : l’homme se livre à l’onanisme, visiblement devant une caméra d’ordinateur, de tablette ou de téléphone portable. L’effet viral de la vidéo en a fait le buzz du week-end pascal échu. Comment, alors que d’autres en ont déjà fait les frais, le maître en arts plastiques en est-il arrivé là ? On croit savoir de quoi il retourne.

© defimedia

Sextorsion

Généralement, sur Facebook, une belle jeune dame vous demande en amitié alors que vous n’avez même pas d’amis en commun, deux ou trois tout au plus ayant accepté son invitation sur la seule base de sa beauté alléchante. Son compte Facebook ne comporte d’ailleurs que très peu de photos. La “sextorsion” (extorsion à caractère sexuel) démarre ainsi.

Journaliste à la Radio-Télévision belge de la Communauté française (RTBF), Valentin Boigelot a travaillé sur ce phénomène. Titré, «Nouveaux amis sur Facebook… Attention danger !», son enquête date de mai 2015 mais le procédé n’a pas changé. Très bien ficelée avec notamment des propositions des relations virtuelles, l’escroquerie dénommée “sextorsion” passe donc par «Facebook et d’autres réseaux sociaux avec à l’écran, des jeunes filles qui, par webcam, se déshabillent soi-disant rien que pour vous», indique le journaliste.

L’enquête de RTBF amène justement celui-ci à répondre à une nouvelle demande d’amis sur Facebook. Et une conversation fini par s’engager :

Coucou ! Ça va ?

– Oui. On se connaît ?

Non mais on pourrait faire connaissance si ça ne te dérange pas. Tu es célibataire ?

– Non, je suis en couple.

Ha, OK ! Mais ça ne te dirait une rencontre sans prise de tête basée sur le sexe avec moi ?

– Je suis un peu timide tu sais !

Non ne t’inquiètes pas. On peut déjà commencer par une découverte sexe via Webcam et si on se plait, on fera ensuite une rencontre en réel.

La conversation, filmée par une caméra cachée, se poursuit jusqu’à ce qu’une jeune fille apparaisse sur l’écran. «Elle prétend être Française et habite en Italie. Sans plus attendre, elle se déshabille et prend des pauses très suggestives», raconte Valentin Boigelot. Elle propose ensuite au journaliste de faire de même, en réplique de quoi celui-ci révèle qu’elle a été piégée. «La communication est alors immédiatement interrompue. Et comme par hasard, le compte Facebook disparaît tout à coup

© vice.com

Brouteurs

Cherchant à en savoir davantage, la vidéo est confiée à un expert qui, après une traque sur la toile mondiale, conclu que la jeune fille n’est pas en Italie mais en Afrique du Sud. «Voici, en fait, qui se cache derrière la jolie fille : on les appelle “les brouteurs“, des jeunes hommes fiers de leurs arnaques qui se prennent en photos. Ils sont en Côte d’Ivoire ou encore en Afrique du Sud. La vidéo de la jeune fille n’est en fait qu’un leurre, les comptes Facebook des faux profils. Ce que veulent les escrocs, c’est d’exciter leurs victimes pour qu’elles montrent leurs parties les plus intimes pour ensuite les faire chanter. Les brouteurs exigent de l’argent et s’ils ne reçoivent rien, ils diffusent les vidéos sur Internet», conclue l’enquête de RTBF.

L’encyclopédie participative Wikipedia renseigne qu’«un brouteur est un arnaqueur opérant sur Internet, notamment sur les réseaux sociaux. Sa technique consiste à séduire sa victime pour lui extorquer de l’argent, parfois même à la convaincre de se déshabiller devant une webcam puis de la faire chanter en menaçant de diffuser la vidéo. Le terme de brouteur provient de Côte d’Ivoire, en référence au mouton, qui se nourrit sans effort».

Si certaines filles acceptent de se mettre au service des brouteurs, il reste que de nombreuses demoiselles utilisées pour aguicher les libidineux faciles sont également des victimes. Généralement elles ont été séduites sur les réseaux sociaux, sous le prétexte d’une agence de mannequin les ayant repérées. Invitées ensuite sur Skype et autres webcams, elles sont poussées à se dévoiler. Les images prises seront ensuite utilisées pour des sextorsions. Attention !

Jean-Thimothé Kanganga

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