Les sénateurs gabonais ont pris des congés ce 30 juin 2017. Cette première session ordinaire de l’année leur a permis d’examiner plusieurs propositions et projets de loi, notamment ceux relatifs à l’amélioration des conditions de vie des Gabonais et à la relance de l’économie.

La présidente du Senat Lucie Milébou Aubusson pendant son allocution, au terme de la première session ordinaire, le 30 juin 2017. © Presse du Senat

 

En présence des membres du gouvernement conduits par le Premier ministre Emmanuel Issoze Ngondet, le président du Sénat, Lucie Milébou Aubusson a fait le bilan de cette première session ordinaire, mais également de l’actualité ayant marquée l’univers socio-politique et économique national.

Les sénateurs lors de la clôture de la première session ordinaire, le 30 juin 2017. © Presse du Senat

Face à la vétusté et au délabrement abrupte de l’hémicycle Geroges Rawiri, c’est dans la salle Jean Hilaire Obame que s’est déroulée la clôture de cette session. Pour le président de cette institution qui souhaite que le gouvernement profite de l’intersession parlementaire pour remettre à neuf cet hémicycle, la session qui s’achève a été «studieuse, en dépit de quelques perturbations occasionnées par une actualité abondante». Cela n’a cependant pas empêché le Senat d’examiner et d’adopter de nombreux projets et propositions de loi touchant divers aspects de la vie de la nation.

Les plus significatifs, selon Milébou Aubusson, sont, au plan social, le projet de loi fixant le régime des prestations familiales et sociales applicables aux agents publics. «Ce texte vise à mieux encadrer le nouveau régime des prestations familiales mis en place par la Caisse des pensions et des prestations familiales des agents de l’Etat», a-t-elle expliqué.

Au niveau environnemental, le Senat a examiné le projet de loi rectificatif de l’ordonnance portant modification et suppression de certaines dispositions de la loi du 27 août 2017 relative aux parcs nationaux. Il est question ici de l’extension des missions et des moyens de l’Agence nationale des parcs nationaux, afin de faire du Gabon un des pays leaders en matière de préservation et de gestion durable des ressources naturelles.

Les membres du gouvernement en tête desquels le Premier ministre, Emmanuel Issoze Ngondet, le 30 juin 2017. © Presse du Senat

Le Senat  également planché, durant cette première session, sur la proposition de loi visant l’aménagement, la protection et la mise en valeur du littoral. Elle a pour objectif d’aboutir à un meilleur suivi et lutte contre les effets des changements climatiques. De même, la proposition de loi fixant le régime des emballages et sachets plastiques non-biodégradables a permis de dégager des pistes pouvant renforcer le dispositif juridique en vigueur, en matière de gestion de ces déchets.

Quant à la proposition de loi relative à la promotion et au développement des énergies renouvelables en Républiques gabonaise, l’objectif visé est d’implémenter et de développer une filière solaire et de créer des opportunités d’affaires, profitables à ce secteur et à son soutien.

Sur le plan économique, la Chambre haute du parlement a examiné quatre projets de loi consacrés aux autorisations d’emprunts. Ils ont été adoptés et envoyés au président de la République pour promulgation. Pour le président du Senat, ces emprunts sont destinés au financement de l’économie nationale. Dans ce contexte, le projet de loi de finances rectificative pour l’année 2017 est arrêté à 2.860 milliards de francs CFA. «L’adoption de cette loi intervient dans un contexte de conclusion des négociations avec le Fonds monétaire internationale (FMI) pour un plan de relance de notre économie», a précisé Lucie Milébou Aubusson. Selon la présidente du Sénat, les conclusions auxquelles sont parvenus le gouvernement et le FMI sont conformes aux attentes des populations. Toutefois, a-t-elle soutenu, «il y a nécessité de prioriser l’investissement, principal moteur de la croissance, tout comme il est essentiel de maintenir en vie notre tissu économique, nos entreprises, par le remboursement de la dette et l’apurement des instances du Trésor».

Elle est enfin revenue sur les Accords du Dialogue politique. «Que la critique systématique et non constructive ne décourage pas les apôtres de la paix, ces courageux compatriotes qui ont accepté de se mettre autour d’une même table pour parler, ici au Gabon, dans un langage bantou», a-t-elle déclaré.

Madame Milébou note qu’un climat apaisé est nécessaire et indispensable à la mise en œuvre des recommandations de ces assises. Raison pour laquelle, elle a annoncé que le Senat poursuivra et approfondira, avec le gouvernement, le processus engagé le 26 mai dernier entre les parties signataires. Dans ce sillage, elle a interpellé le Premier ministre sur la bonne gouvernance. «Monsieur le Premier ministre, il serait souhaitable que le gouvernement mette en œuvre les moyens, les plus efficaces pour garantir une répartition équitable des efforts en matière de bonne gouvernance, rendus inéluctables, que chacun devra assumer en toute responsabilité», a déclaré Lucie Milébou.