Un collectif des consommateurs des quartiers Akébé a manifesté le 12 février à Libreville devant le siège de la Société d’énergie et d’eau du Gabon. Il s’insurge notamment contre les coupures d’électricité et la mauvaise qualité d’eau distribuée par la SEEG.

Les manifestants devant le siege de la SEEG filiale de Veolia le 13 février 2018. © Gabonreview

 

Un collectif des habitants des quartiers Akébé a organisé un sit-in le 12 février à Libreville devant le siège de la Société d’énergie et d’eau du Gabon (SEEG).

Conduits par le président de l’Organisation gabonaise des consommateurs (OGC), Ibrahim Sendze Mboulou, les manifestants disent être venus manifester pendant trois jours pour exprimer leur ras-le-bol, face aux coupures intempestives de l’électricité et la mauvaise qualité de l’eau distribuée par la société.

«Nous manifestons parce que nous voulons attirer l’attention des autorités sur ce problème de santé publique. Nous sommes privés d’eau, dans certains quartiers nous consommons une mauvaise qualité d’eau. La SEEG a montré ses limites. Il faut que l’Etat cède la concession à un autre operateur», a déclaré Ibrahim Sendze Mboulou.

Pour le président de l’OGC, la situation dure depuis plusieurs années, «Depuis 6 ans, les quartiers Akébé n’ont pas d’eau. Les pompes sont devenues des échantillons. Même quand l’eau venait, elle était de mauvaise qualité, remplie de boue et autres impuretés», a ajouté Ibrahim Sendze Mboulou.

Le directeur général de la SEEG a néanmoins reçu les responsables des consommateurs. Au sortir de cet échange, Antoine Boo a apporté quelques précisions sur leurs revendications. Ce dernier a estimé que «la SEEG fait tourner les capacités de production au maximum avec 22700m3, mais la demande augmente de 6% par an».

En 20 ans, a-t-il ajouté, «la SEEG a triplé le nombre d’abonnements en eau potable, avec 175 500 abonnés à ce jour». Pour Antoine Boo, la solution définitive au déficit d’eau à Libreville est la «construction d’une nouvelle usine. Ce que la SEEG ne cesse de plaider depuis longtemps. Mais ces projets ne sont pas portés par la SEEG qui est l’opérateur national».

D’où l’intérêt de hâter le projet de construction «de Ntoum7 qui n’est toujours pas réalisé mais qui permettra de satisfaire tous les besoins de librevillois».

Consciente des enjeux, la SEEG n’est pas restée sans rien faire. «En 2014, la SEEG a réalisé des forages autour de Ntoum. Ceux-ci ont permis d’augmenter la production d’environ 45 000 m3 jour. En 2016, la SEEG a investi et construit Cim-Gabon, ce qui a permis d’augmenter la production d’environ 16 00 m3, soit l’équivalent de la consommation de 100 000 habitants».

Tout en reconnaissant qu’il faut poursuivre la construction des usines, le directeur général de la SEEG a invité la population à éviter le gaspillage d’eau.

Auteur : Jean-Thimothé Kanganga