Après une interminable procédure judiciaire, le président du conseil d’administration de Satram a finalement obtenu l’exéquatur au Gabon du testament de Lahcen Jakhoukh, conformément à la décision du 11 septembre du Tribunal de Première Instance de Port-Gentil. L’entreprise annonce par ailleurs l’ouverture d’une ligne maritime Douala, Libreville, Port-Gentil, avec extension plus tard vers Dakar et Casablanca.

Mustapha Aziz, dans son bureau. © DR / Capture d’écran Youtube

 

Le camp Mustapha Aziz peut sabrer le champagne dans l’affaire Satram EGCA, l’opposant à la famille Jakhoukh. Le 11 2018 septembre à Casablanca, le président du conseil d’administration du Groupe Satram EGCA a annoncé l’obtention de l’exéquatur du testament de Lahcen Jakhoukh (une décision étrangère ne peut être exécutoire au Gabon en toute matière, si elle n’est revêtue d’exéquatur).

 «Le Tribunal de Première Instance de Port-Gentil, saisi le 6 septembre 2018 et statuant en premier et dernier ressort, a confirmé par ordonnance datée du 11 septembre 2018, que les actes authentiques dressés devant notaire en France concernant le testament rédigé par feu Lahcen Jakhoukh en mai 2015, et le désignant comme légataire universel de ses biens et bénéficiaire de donations et d’une reconnaissance de dette, ont bel et bien une force exécutoire sur le territoire gabonais», peut-on lire dans un communiqué de presse publié au terme d’un conseil d’administration extraordinaire, tenu le 11 septembre à la faveur de la décision judiciaire.

A la mort de Lahcen Jakhoukh, sa famille avait découvert l’existence de trois actes chez un notaire à Paris. Le premier est un testament désignant son ami, Moustapha Aziz, comme légataire universel. Le deuxième acte est une procuration de donation d’un tiers du patrimoine de Lahcen Jakhoukh à Moustapha Aziz. Le dernier acte, enfin, est une reconnaissance de dettes d’une valeur de 10 millions d’euros (plus de 6,5 milliards de francs CFA).

La décision du Tribunal de Première Instance de Port-Gentil fait suite à l’annulation par la Cour de Cassation du Gabon, le 5 septembre dernier, de l’ordonnance du 2 juin 2017 du Tribunal de Première Instance de Libreville, qui avait prononcé l’exéquatur du testament polémique. Après le recours introduit par la famille de Lahcen Jakhoukh, la Cour de Cassation avait «cassé et annulé», en toutes ses dispositions, l’ordonnance du 2 juin 2017, «entre les parties, par le juge et l’exécution du Tribunal de Première Instance de Libreville».

Tout comme la juridiction avait remis en conséquence, «la cause et les parties dans l’état où elles se trouvaient avant ladite ordonnance», en les renvoyant devant la juridiction du juge de l’exécution du tribunal de Première Instance de Port-Gentil, non sans condamner Mustapha Aziz «aux dépens». Finalement, tout est bien qui finit bien pour le camp Mustapha Aziz, qui s’est réjoui de la décision du Tribunal de Première Instance de Port-Gentil. Car celle-ci «respecte la dernière volonté de Feu Lahcen Jakhoukh».

Toutefois, le président du conseil d’administration du Groupe Satram EGCA a déploré «les manœuvres irresponsables des consorts Jakhoukh qui affectent la situation financière des sociétés établies au Gabon, et menacent sérieusement lordre public en déstabilisant le climat social qui règne au sein du deuxième employeur au Gabon après l’Etat, dans un contexte politique caractérisé par la prochaine tenue des élections législatives, municipales et départementales».

Les affaires devraient donc reprendre leur cours normal puis que le conseil d’administration annonce le lancement imminent d’une nouvelle ligne de transport maritime de marchandises. Celle-ci reliera Port-Gentil à Douala au Cameroun, en passant bien entendu par Libreville, et plus tard à Dakar et Casablanca.