Me Charles-Henri Gey a fait le point de la situation au sujet de l’affaire opposant ses clients à Moustapha Aziz, actuel Président du conseil d’administration (PCA) de Satram-EGCA.

Charles-Henri Gey, face à la presse, le 13 juin 2018 à Libreville. © Gabonreview

 

Chargé d’assurer la défense de la famille de Lahcen Jakhoukh, dans l’affaire Satram EGCA, Me Charles-Henri Gey a fait le point de la situation, le 13 juin à Libreville. Présentés comme les «héritiers» du défunt, l’ex-épouse (Soumiya Loudiyi) et ses enfants (Tarik, Badr, Anouar et Ibtissam) sont en conflit avec Moustapha Aziz, actuel Président du conseil d’administration (PCA) de Satram-EGCA.

«Lahcen Jakhoukh est décédé le 9 juin 2015, après avoir créé et dirigé un empire. La société Satram dont il s’agit, a été créée par deux familles : la famille El Hadj et la famille Jakhoukh, dont je suis le conseil. Ensemble, elles ont monté un empire sur Satram EGCA, qui est devenue en quelques années le fleuron de l’industrie à Port-Gentil. Tout se passe bien jusqu’au décès du fondateur, à Paris», a rappelé Charles-Henri Gey.

Selon l’avocat au barreau du Gabon, après le décès de Lahcen Jakhoukh, la famille a été surprise de découvrir trois actes chez un notaire. Le premier est un testament qui désigne son ami, Moustapha Aziz, comme légataire universel. Le deuxième acte est une procuration de donation d’un tiers du patrimoine de Lahcen Jakhoukh à Moustapha Aziz. Le dernier acte, enfin, est une reconnaissance de dettes d’une valeur de 10 millions d’euros (plus de 6,5 milliards de francs CFA). «Bien entendu, les enfants s’interrogent», a souligné l’avocat.

Consciente de l’état de santé de Lahcen Jakhoukh dans les derniers jours de sa vie, la famille a saisi le tribunal à Paris à l’effet d’annulation de ces trois actes. «Les quatre enfants et l’épouse de Lahcen Jakhoukh avaient des raisons de penser que leur père et époux n’était plus en possession de ses facultés physique et mentale, au moment où il a rédigé ces actes-là. La procédure a été faite, procédure en altération du consentement pour insanité d’esprit. Le Tribunal de Paris a rendu une décision avant dire droit», a détaillé Charles-Henri Gey.

Le tribunal de Paris a demandé qu’une expertise médicale soit faite pour déterminer si Lahcen Jakhoukh était ou non en possession de toutes ses facultés, au moment où il a signé lesdits actes, chez un notaire à Nice. «Pendant que la famille saisissait le tribunal, le bénéficiaire des actes et légataire universel a engagé une procédure pour obtenir une exéquatur (une décision étrangère ne peut être exécutoire au Gabon en toute matière, si elle n’est revêtue d’exéquatur, ndlr)», a regretté l’avocat de la famille de Lahcen Jakhoukh.

Moustapha Aziz a fini par obtenir l’exéquatur, «alors même que les conditions pour l’obtenir n’étaient pas remplies, au regard de la loi», a déploré Charles-Henri Gey. En réponse, les avocats de la famille ont fait des recours devant les juridictions gabonaises (Cour de Cassation) et au Maroc, où l’exéquatur a également été engagée. «Entre temps, Moustapha Aziz s’est rendu à Port-Gentil et sur le fondement de cette exéquatur, il s’est emparé de la société (Satram-EGCA, ndlr), a nommé des personnes qui lui sont proches. A partir de ce moment, les difficultés ont commencé», a affirmé l’avocat.

A l’heure actuelle, la procédure engagée au Gabon est aujourd’hui devant la Cour de Cassation. «Mais la grève en cours dans les tribunaux depuis novembre 2017, ne permet pas aux avocats d’obtenir une décision. Nous attendons», a indiqué Charles-Henri Gey. En France, par contre, le rapport d’expertise médicale a été reçu par le tribunal de Paris, où une audience est prévue ce 13 juin. «Elle va statuer sur le fondement du rapport», a souligné l’avocat. Au Maroc, enfin, l’exéquatur été rejetée. «Cela signifie qu’au Maroc et en France, ces personnes ne peuvent plus se prévaloir de leurs qualités. Mais n’empêche, les entreprises de Jakhoukh Lahcen au Maroc, Drapor et Satramarine, sont toujours gérées par ce groupe de personnes-là au grand désarroi des héritiers Jakhoukh», a conclu Charles-Henri Gey.