Le 3e anniversaire de la mort du fondateur de Satram-EGCA est l’occasion de visionner une vidéo fort édifiante sur les dernières volontés du défunt, bannissant totalement son épouse et ses enfants. Au Maroc, la commémoration de l’homme d’affaires disparu est l’objet d’une célébration ce vendredi 8 juin. Intérêt, entre autres, pour le Gabon : la mise en place prochaine d’une fondation devant y projeter son action.  

De son vivant, Lahcen Jakhoukh, fondateur du groupe Satram. © businessinfo.ma

 

Le Gabon devrait prochainement bénéficier, dans les domaines de l’éducation, la santé et la formation,  de projets devant être initiés par la fondation internationale Lahcen Jakhoukh, du nom du fondateur du Groupe Satrammarine, Drapor, Rimal et Medocean. C’est du moins ce qu’on devrait retenir d’une annonce de Satrammarine, le 5 juin dernier.

L’an III de l’après Lahcen Jakhoukh

Décédé le 9 juin 2015, l’homme d’affaires dont l’entreprise, Satram, fait couler beaucoup d’encre et de salive ces derniers temps au Gabon, est donc au centre d’une commémoration au Maroc. À l’occasion, le Dr Mustapha Aziz, président-directeur général du Groupe, convie une pléiade de personnalités et quidams au Ftour (repas pris le soir par les musulmans au coucher du soleil pendant le jeûne du mois de ramadan)  de ce vendredi 8 Juin 2018. Ce dîner sera suivi d’une soirée religieuse.

L’occasion également pour l’hôte, après la remise de son trophée au champion d’un tournoi de football dédié au fondateur de Satram, d’annoncer «la mise à jour de la fondation internationale Lahcen Jakhoukh avec un capital initial de 2 millions d’euros. Le défunt dans sa donation avait prévu de consacrer un tiers (1/3) des profits de son groupe à l’éducation, la santé et la formation en Afrique.» Toutes choses conformes aux «dernières volontés du défunt et (aux) convictions de son Légataire universel», annonce le communiqué sus cité.

Testament de la voix de Lahcen Jakhoukh

Lahcen Jakhoukh (un moment de la vidéo). © Youtube

Le 3e anniversaire de la mort de Lahcen Jakhoukh et toute l’agitation autour des affaires qu’il a laissées sont sans doute l’occasion de redécouvrir une vidéo très édifiante. Si jusqu’ici, le cercle familial (femme et enfants) du défunt a toujours été diabolisé par les proches, amis et collaborateurs du défunt fondateur de Satram, ces jugements ont été confortés par Lahcen Jakhoukh lui-même. En effet, dans cette vidéo d’un peu plus d’une heure, visible sur Youtube, l’ancien patron de Satram et Satrammarine dézingue littéralement son ex-épouse (Soumiya Loudiyi) et ses enfants (Tarik, Badr, Anouar et Ibtissam). Un véritable testament de sa propre voix. Et qui plus est en public, où il disait haut et fort ce qu’il pensait de sa famille.

 «Je réponds à mon épouse qui m’annonce malade, décédé et quelques jours plus tard, ressuscité (…) cette femme cherche-t-elle à me tuer pour l’héritage ?», peut-on entendre dire Lahcen Jakhoukh dans un monologue, au tout début de la vidéo. Pour le défunt, sa femme et ses enfants, en l’occurrence Tarik et Badr, ont clairement entrainé le groupe dans la tourmente. Des audits commandités par ses soins ont notamment révélé d’énormes trous dans les caisses du Groupe de l’ordre de 68 milliards de dirhams. Détournements ayant par ailleurs occasionné la quasi-faillite de Drapor.

 «Ces gens-là sont extrêmement dangereux (…) je renie Tarik et Badr. Quant à leur mère, nous sommes en instance de divorce», déclarait Lahcen Jakhoukh alors malade. Et d’insister : «Ce sont des voyous, des voleurs… je ne leur pardonnerai jamais». Dépité et désabusé, l’ancien dirigeant ne décolérait pas. «Mes enfants, je me fous d’eux. Il n’y a plus de pitié, plus de pardon. Ils m’ont tué plusieurs fois, m’ont fait signer des papiers de force sur les lits d’hôpital», déclarait-il, lui qui en était réduit à des visites médicales de contrôle tous les six mois, dans les dernières années de sa vie. Tout comme il aura passé ses derniers jours à tenter de rééquilibrer les comptes du groupe, plombés par sa femme et ses fils, et à laver son nom qui faisait alors les choux gras de la presse marocaine.

Avant sa mort Lahcen Jakhoukh avait déposé, au tribunal de 1ère instance de Casablanca, une série de plaintes accusant son fils, Tarik, et 12 personnes d’abus de confiance, d’abus de biens sociaux, de détournement de fonds, de faux et d’usage de faux et de détournement de données informatiques. Une situation l’ayant poussé à confier les rênes et la destinée du groupe à son «camarade de route» Mustapha Aziz, apprend-on dans la vidéo. Trois ans après la mort de Lahcen Jakhoukh, la bataille judiciaire entre Mustapha Aziz et la famille «déchue», autour la «paternité» du groupe, suit son cours. Un conflit qui, pour l’heure, tourne à l’avantage de l’actuel président du conseil d’administration de Satram EGCA. Un bel hommage à Lahcen Jakhoukh qui, de son vivant, affirmait : «J’ai confiance en la justice».

L’intégralité de la vidéo testament est visible en cliquant ICI.

 

.