Réclamant essentiellement le paiement de la Prime d’incitation à la performance (PIP) du dernier trimestre 2015, les agents de santé publique et des affaires sociales sont en grève depuis 15 mai dernier.

L’entrée principale du CHUL barricadée par les grévistes, le 17 mai 2017 à Libreville. © Gabonreview

 

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A l’issue de leur assemblée générale, le 15 mai dernier à Libreville, les agents de santé publique et des affaires sociales, sont entrés en grève pour une semaine sur toute l’étendue du territoire national. Les grévistes réclament notamment le paiement de la Prime d’incitation à la performance (PIP) du dernier trimestre 2015, condition sine qua non de la reprise des activités.

Lors de leur assemblée générale, en effet, les grévistes ont évoqué la signature d’un protocole d’accord avec le gouvernement, en février 2016. Lequel protocole portait sur l’organisation du concours professionnel, la reprise des travaux de l’hôpital psychiatrique, le paiement de la PIP et le reversement de la main d’œuvre non permanente à la Fonction publique.

Or, sur les quatre points, seul le concours professionnel a été satisfait. «Le personnel de santé et celui des affaires sociales sont indignés, au vue du traitement qu’ils subissent. Et ce, malgré leur bonne volonté affirmée dans la lutte pour un climat social apaisé, au-delà de la sensibilité des secteurs», ont déploré les responsables syndicaux de la santé et des affaires sociales.

Sur le terrain, la grève est observée au pied et à la lettre. C’est le cas au Centre hospitalier universitaire de Libreville (CHUL). Et ce, malgré la rencontre entre les responsables syndicaux et le ministre de la Santé. «Tous les syndicats de la santé ont effectivement rencontré le ministre de la Santé, le 16 mai dernier à Libreville», a révélé à Gabonreview, un membre du Syndicat national des agents de la Santé (Synaps).

Au cours de cette entrevue, les grévistes ont ainsi exposé leurs doléances à leur ministre de tutelle. «Ce qu’a reconnu, le ministre qui a affiché sa détermination dans ce dossier. Il nous alors demandé un délai de 15 jours. Nous avons transmis cette doléance à la base qui a été formelle : la poursuite de la grève jusqu’au 20 mai prochain», a annoncé le responsable syndical, ayant requis l’anonymat, soulignant qu’ils avaient déjà été floués par le passé.

Si les quelques médecins assurant le service ont préféré se murer dans le silence, les usagers, eux, ont déploré cette situation. «L’entrée principale du CHUL est barricadée. Il faut désormais faire le tour par le ministère de l’Intérieur pour accéder ou sortir de l’établissement. Ce qui est très pénible si vous êtes souffrant», a témoigné un patient désabusé.

«Nous espérons vivement que la situation revienne à la normale. Car, en l’état actuel des choses, c’est très pénible pour nous les malades. D’autant que les grévistes sont inflexibles», a conclu Marcel M. Une situation qui pourrait malheureusement perdurer, si rien n’est fait, avec ce que cela implique comme désagréments. «A l’issue de cette semaine de grève, s’il n’y a pas eu d’avancées significatives, nous prolongerons le mouvement», a annoncé un membre du Syndicat autonome du personnel des Affaires sociales (Sapas).