La compassion et l’affection à l’endroit des personnes atteintes de troubles de dépression devraient occasionner une meilleure prise en charge susceptible de soulager la communauté dans son ensemble. Tel a été le maitre-mot de la journée mondiale de la santé, célébrée en différé le 21 avril dernier à Libreville.

La journée mondiale de la Santé célébré en différée au Gabon. © Gabonreview

 

Le Gabon a célébré en différée la journée mondiale de la santé le 21 avril à Libreville. Prévue le 7 avril de chaque année, cette journée avait pour thème : «Dépression : parlons-en». Il s’est agi pour les autorités gabonaises, représentées par le ministre de la Santé, d’envisager un nouveau départ dans le traitement des patients souffrant de maladies mentales.

Le ministre de la Santé, Léon N’Zouba. © Gabonreview

Plongée dans une longue léthargie, la principale structure d’accueil pour les personnes atteintes de troubles mentaux, l’hôpital de Melen, éprouvait jusqu’ici de nombreuses difficultés pour assurer son rôle avec efficience. «C’est dans ce cadre qu’il faut inscrire le plan de réhabilitation que nous avons amorcé pour que le Centre de santé mentale puisse jouer son rôle d’hôpital de référence du pays en matière de santé mentale», a affirmé le ministre de la Santé.

«Nous exhortons tous les professionnels de santé afin que les soins de santé mentale soient introduits dans les structures de santé générale», a prescrit Léon N’Zouba. La dépression qui touche 332 millions de personnes dans le monde, près de 30 millions dans la région africaine, est en constante progression selon le représentant de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) au Gabon.

Une situation consécutive à la «stigmatisation et la peur de l’isolement social empêchant les personnes affectées de se rendre dans des établissements de soins», explique Boureima Hama Sambo. «La mise en place de services à assise communautaire axés sur la dépression et le fait de parler de la nécessité de ne pas stigmatiser les plus atteints par cette affection inciteront plus de personnes à se faire traiter. Les individus, les familles, les aidants et les communautés peuvent prendre des mesures pour prévenir la dépression», a-t-il préconisé.

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Le directeur du centre national de santé mentale a estimé qu’une meilleure prise en charge doit s’étendre à la structure. «Cependant permettez-moi, monsieur le ministre, de vous demander d’avantage pour la réhabilitation des pavillons afin de nous permettre d’hospitaliser les malades et de travailler sereinement au risque nous aussi d’être de potentiels dépressifs», a souhaité Venant Félicien Boussougou.

Dans le même élan d’intérêt, le pasteur de l’église Le Torrent a offert un kit de toilette à chaque pensionnaire du Centre. Un geste en droite ligne avec l’implication de son assemblée qui a entrepris depuis quelques mois une action permanente de soins hygiéniques et de l’espace de vie des malades. «Chaque semaine, nous assurons un entretien hygiénique aux patients. Du nettoyage du corps, cheveux, ongles, jusqu’à l’habillement, nous le faisons», a déclaré Gaspard Obiang. A côté de cet acte, la représentante de la Caisse nationale d’assurance maladie et de garantie sociale (CNAMGS) a offert des matelas pour les pensionnaires du Centre.

Auteur : Alain Mouanda