Dans une lettre conjointe, les présidents des Démocrates, de l’Union nationale (UN) et du Rassemblement héritage & modernité (RHM) exhortent le Premier ministre à saisir la Cour constitutionnelle pour la mise en place d’un «Collège de médecins», censé faire la lumière sur l’état de santé réel d’Ali Bongo.

Zacharie Myboto, Alexandre Barro Chambrier et Guy Nzouba Ndama, ont écrit au Premier ministre. © D.R.

 

Au Gabon, l’opposition n’entend visiblement pas abandonner l’idée de la mise en place d’un «Collège de médecins» devant déterminer la réelle condition physique et mentale d’Ali Bongo, en convalescence actuellement à Rabat au Maroc. Victime d’un AVC le 24 octobre à Riyad en Arabie Saoudite, le président gabonais n’a toujours pas regagné son pays. Deux mois après, Guy Nzouba Ndama, Zacharie Myboto et Alexandre Barro Chambrier trouvent le temps un peu long, mais surtout, s’inquiètent des conséquences de la maladie du chef de l’Etat sur la bonne marche des institutions.

Le 21 décembre, les présidents des Démocrates, de l’UN et du RHM ont écrit au Premier ministre pour solliciter de lui «la saisine de la Cour constitutionnelle afin qu’elle mettent en place un Collège de médecins qui aura mission de se prononcer sur la capacité effective de Monsieur Ali Bongo Ondimba à exercer les fonctions de président de la République, chef de l’Etat». Une copie de cette lettre signée par les trois responsables politiques a été adressée à la présidente de la Cour constitutionnelle et à celle du Sénat.

«Les conclusions du rapport de ce collège seront rendues publiques, dans le respect du secret médical, et permettront de se prononcer de manière claire sur la mise en application ou non des dispositions de l’articles 13 de la Constitution», qui prévoit notamment la déclaration de la vacance de pouvoir au sommet de l’Etat, préconisent les trois signataires.

Si le chef du gouvernement n’a pas encore réagi à leur correspondance, Les Démocrates, l’UN et le RHM ne sont pas les seuls à avoir émis l’idée de la mise en place d’un collège de médecins chargé d’aller examiner Ali Bongo. Anges Kevin Nzigou, responsable du parti Pour le changement (PLC) y avait déjà pensé en novembre dernier. Le jeune avocat n’a jamais pu déposer sa requête auprès de la Cour constitutionnelle, qui lui avait conseillé de s’adresser au Premier ministre. Il est à espérer dès lors que l’initiative de Guy Nzouba Ndama, Zacharie Myboto et Alexandre Barro Chambrier prospèrera.