La Commission baleinière internationale (CBI), a échoué pour la troisième fois à faire adopter le projet de création d’une aire de protection intégrale pour ces mammifères marins menacés d’extinction, porté par plusieurs pays de l’hémisphère sud.

Les baleines à bosse. © soniadelareunion.over-blog.com

Les baleines à bosse. © soniadelareunion.over-blog.com

 

La création d’un sanctuaire pour baleines dans l’Atlantique sud, proposée par plusieurs pays de l’hémisphère sud, dont l’Argentine, le Brésil et l’Uruguay, mais aussi de l’Afrique du Sud et le Gabon, a été rejetée, le 25 octobre 2016, lors d’une réunion de la 66e Commission baleinière internationale, qui s’est tenue du 24 au 28 octobre dernier dans la station balnéaire slovène de Portoroz. La proposition qui prévoyait la création d’une aire de protection intégrale de 20 millions de km2 où les populations de baleines pourraient se reconstituer, après avoir frôlé l’extinction au XXe siècle, victimes de la chasse pour leur chair et leur graisse n’a recueilli que 38 voix favorables sur un total de 64 voix, n’atteignant pas ainsi les 75% requis pour être adoptée.

C’est la troisième fois que cette proposition est balayée. En 2012 et en 2014, déjà, la CBI avait rejeté le projet. Les tenants de la chasse à la baleine dont l’Islande, Japon, Norvège, soutenus par la Russie, Antigua-et-Barbuda et le Maroc, ont réussi à faire échec à l’adoption dudit projet. Une sanctuarisation de l’Atlantique Sud dont l’objectif selon les partisans est de mieux connaître les populations espèce par espèce, de protéger les aires d’alimentation et de reproduction, les couloirs de migration, et d’accroître les connaissances sans avoir recours à des méthodes létales impliquées dans la chasse à des fins dites scientifiques.

«Ce projet de sanctuaire en Atlantique Sud était consolidé par un plan de gestion dynamique et cohérente. Sa réalisation aurait permis à tous les pays riverains de l’Atlantique Sud de développer et de mutualiser les connaissances sur les cétacés et d’inciter par exemple l’industrie pétrolière dans le golfe de Guinée et l’industrie chimique du Río de la Plata à réduire les rejets contaminants», estime l’association Robin des Bois. «La chasse n’est pas la seule ennemie des baleines. En fin de chaîne alimentaire, les baleines sont le miroir ultime de l’état sanitaire des planctons, des calamars, des poissons indispensables à la sécurité alimentaire de l’humanité. Protéger les baleines, mammifères marins sentinelles, c’est aussi protéger tous les petits peuples de la mer», ajoute-t-elle, relayé par le site d’informations www.actu-environnement.com

En effet, l’Atlantique Sud représente un peu plus de 10% de l’océan mondial. Il héberge ou accueille au gré des migrations 51 espèces de cétacés, dont des baleines bleues, des rorquals communs, des rorquals de Minke de l’Antarctique, des baleines franches australes, des baleines à bosse et des cachalots. Selon les porteurs du projet, «environ 71% des quelque trois millions de baleines tuées dans le monde entre 1900 et 1999 ont été capturées dans l’hémisphère sud».

Malgré cette proposition contestée depuis seize ans par les pays chasseurs, des mesures favorables ont pu être adoptées lors de pourparlers de Portoroz, notamment : une résolution sur la Convention de Minamata afin de localiser les baleines accumulant et concentrant les polluants persistants comme les PCB et le mercure, la limitation des permis de chasse japonais à des fins scientifiques…

«La création de ce sanctuaire était une étape énorme dans la protection des baleines. Un millier de baleines sont tuées chaque année. La création de ce sanctuaire doit non seulement les protéger de la chasse mais aussi des risques de collision avec des navires, de marées noires, mais aussi limiter les déchets qui polluent la zone et empoisonnent les cétacés», estime le directeur de Greenpeace international, John Frizell.

Deux sanctuaires existent actuellement, l’un dans l’océan Indien, l’autre dans l’océan Austral ou Antarctique, où chasse le Japon.