Le 29 juin 2017, 48 heures après la Conférence de presse de l’ambassadeur du Royaume d’Arabie Saoudite accrédité au Gabon, un point de presse a de nouveau été organisé, le 30 juin, en présence de l’ambassadeur d’Egypte au Gabon afin d’éclairer davantage l’opinion sur la guerre contre le terrorisme que mènent les pays du Golfe.

Les ambassadeurs du Royaume d’Arabie Saoudite, Adnan Abdulrahman A. Al Mandell et d’Egypte, Ahmed Bakr face à la presse, le 29 juin 2017 à Libreville. © Gabonreview

 

Conjointement, les ambassadeurs du Royaume d’Arabie Saoudite, Adnan Abdulrahman A. Al Mandell et d’Egypte, Ahmed Bakr, ont échangé avec la presse dans le cadre de la guerre menée contre le terrorisme dans le Moyen-orient. Cette rencontre a fait suite à celle de quelques jours auparavant, entre l’ambassadeur Al Mandell et les journalistes. L’objectif étant d’expliquer les raisons ayant conduit l’Egypte et l’Arabie Saoudite, les Emirats Arabes Unis, le Barhein et le Yémen, à suspendre, depuis le 5 juin dernier, leurs relations diplomatiques avec le Qatar.

Si l’ambassadeur saoudien a rappelé que «les autorités qataries ont toujours refusé de respecter leurs engagements» envers leurs voisins, il a indiqué que le souhait de tous est que cette crise se solde par une issue favorable, gage de stabilité, de sécurité et de paix dans la région. Corroborant ce propos, l’ambassadeur d’Egypte, Ahmed Bakr, a déclaré que pendant longtemps, son pays et ses amis dans le Golfe ont beaucoup patienté face à ce fléau du terrorisme. «Nous sommes très conscients que le terrorisme a un financement. Ces terroristes n’exécutent pas leur complot sans financements», a-t-il asséné, soulignant qu’il y a des preuves que le Qatar est impliqué et finance ces actes. Pour lui, ils ont patienté, essayé de convaincre les autorités des divers pays frères pour que cela ne puisse pas continuer. «Le Qatar ne s’est pas arrêté. Il a essayé de déstabiliser la situation en Egypte. Il a financé le terrorisme et dernièrement, on a vu des terroristes en provenance de Lybie qui ont actuellement fait des attaques contre les églises visant la stabilité et l’unité du peuple égyptien», a-t-il dénoncé, signalant au passage que «le Qatar n’a pas réussi».

C’est donc parce que tout doit avoir une fin qu’ils ont décidé de s’unir pour infliger des sanctions à ce pays. «Assez, c’est assez», a martelé l’Egyptien non sans accuser le Qatar d’être impliqué en Libye, un pays avec lequel l’Egypte a de très longues frontières. Le représentant du Caire à Libreville a affirmé que «la stabilité de la Libye est très importante pour nous ainsi que pour la région». «La déstabilisation de l’Egypte aura des répercussions dans la région, dans les pays du Sahara, dans le reste de l’Afrique. Cela n’est pas bon pour la stabilité et la paix dans la région et dans le monde», a-t-il signalé.

Malgré toutes les accusations et ce blocus diplomatique et économique, le Qatar a vigoureusement nié ces allégations et a déclaré qu’il ne négociera pas, tant que le blocus n’aura pas été levé. Et la tension continue d’autant que le 28 juin dernier, le président du Comité national des droits de l’homme du Qatar (NHRC), Ali ben Smaikh al-Marri, a indiqué que son pays allait intenter une action en justice contre ses voisins du Golfe. Son  pays va recourir à un cabinet d’avocats suisse afin de réclamer des réparations aux dommages causés par le blocus imposé par ses voisins.

Les adversaires du Qatar ont fixé un ultimatum de 10 jours à Doha pour satisfaire à une liste de 13 demandes, qui lui a été remise le 22 juin par le Koweït. Ils exigent notamment la fermeture de la chaîne de télévision Al-Jazeera, de réduire ses relations avec l’Iran et de fermer la base militaire turque sur son territoire. Le Qatar a jugé ces demandes déraisonnables.