L’ambassadeur du Royaume d’Arabie Saoudite accrédité au Gabon, Adnan Abdulrahman A. Al Mandell, a entretenu les journalistes, le 27 juin 2017 à Libreville, sur les enjeux des sanctions infligées par les pays du Golfe au Qatar, le mettant de facto en quarantaine.

L’ambassadeur du Royaume d’Arabie Saoudite accrédité au Gabon, Adnan Abdulrahman A. Al Mandell, répondant aux journalistes, le 27 juin 2017 à Libreville. © Gabonreview

 

Pour que le message et l’acte posé par les pays du Golfe à l’encontre du Qatar soient mieux perçus à travers le monde et particulièrement au Gabon, l’ambassadeur extraordinaire et plénipotentiaire du Royaume d’Arabie Saoudite au Gabon a eu une explication avec les hommes de média, à travers une conférence de presse organisée à cet effet.

L’ambassadeur du Royaume d’Arabie Saoudite accrédité au Gabon, Adnan Abdulrahman A. Al Mandell, répondant aux journalistes, le 27 juin 2017 à Libreville. © Gabonreview

Le 5 juin dernier, l’Egypte et quatre pays du Golfe persique –Arabie Saoudite, Emirats Arabes Unis, Barhein et Yémen –annonçaient la rupture de leurs relations diplomatiques avec le Qatar. Ils accusent Doha de soutenir et de financer le terrorisme. C’est pour mieux faire passer cette décision auprès de l’opinion gabonaise que l’ambassadeur Adnan Abdulrahman A. Al Mandell a expliqué que «les autorités qataries ont toujours refusé de respecter leurs engagements» envers leurs voisins. Le Qatar a toujours soutenu et financé le terrorisme via Daesh. «Il accueille, abrite et finance les terroristes», a affirmé le représentant de Ryad à Libreville, dénonçant également de «graves violations des accords faites secrètement ou publiquement par les autorités qataries».

Pour lui, cette façon de faire des autorités de Doha a pour conséquence d’inciter les Saoudiens à la révolte, de même qu’elle a conduit à des attentats ayant fait des milliers de morts. L’Arabie Saoudite, seul pays à avoir une frontière terrestre avec le Qatar, l’a fermée, de même qu’il a interdit le survol de son territoire.  «Il n’y a pas d’embargo imposé au Qatar. Mais, les frontières maritimes et l’espace aérien saoudiens sont fermés aux entreprises qataries», a expliqué l’ambassadeur Al Mandell. Le seul moyen de mettre un terme à cette crise, selon lui, est que «le Qatar abandonne le financement et le soutien au terrorisme». «Le Royaume d’Arabie Saoudite souhaite que le Qatar réponde favorablement», a-t-il déclaré, estimant que «la population du Qatar est un peuple frère et qu’il n’y a aucun problème entre les deux peuples».

En attendant, les négociations pour une réelle sortie de crise se font au sein du Conseil de coopération du Golfe (CCG). «Il reste donc six jours au Qatar pour donner sa position», a précisé le diplomate saoudien. Dix jours avaient été en effet donnés à ce pays du Golfe pour réagir à ces sanctions. Passé ce délai, le CCG pourrait durcir le ton. Ce qui contribuerait à asphyxier cette presqu’île qui se retrouve désormais bien seule.

Les conséquences de cette mise en quarantaine sont déjà énormes. Environ 37 millions de passagers passent par Doha chaque année. Qatar Airways doit maintenant traverser l’espace aérien iranien, irakien et turc pour atteindre l’Europe. La moitié de la nourriture du Qatar provient d’Arabie saoudite, passant par la seule frontière terrestre du Qatar. 600 à 800 camions par jour ne peuvent plus passer. Les 19 vols quotidiens entre Doha et Dubaï sont annulés.

L’ambassadeur du Royaume d’Arabie Saoudite a remercié les autorités gabonaises pour le soutien qu’il leur a apporté dans ce dossier. Les autorités gabonaises avaient condamné les agissements récurrents du Qatar en faveur du terrorisme, invitant ce dernier à tout mettre en œuvre pour se conformer aux obligations internationales, dans l’intérêt sécuritaire de la région.