Engoncée dans de hautes herbes depuis des mois, Franceville est en travaux à quelques heures de l’arrivée du président Ali Bongo dans la province du Haut-Ogooué.

Les ouvriers coupant l’herbe à la veille de l’arrivée du président Ali Bongo à l’hôpital Amissa Bongo. © Gabonreview

 

En prélude à l’arrivée du chef de l’Etat, Ali Bongo Ondimba, qui séjournera du 20 au 22 avril dans cette province pour le lancement officielle du Fonds d’Initiative départementale (FID), tout est mis en branle pour redorer le blason de cette ville. Du mythique quartier Potos en passant par Mangoungou, Masuku, des ouvriers s’attèlent à la tâche. Ici l’on désherbe, là ont rebouche des nids de poule qui flirtent avec la chaussée. Des engins lourds ont travaillé nuitamment pour boucher les trous sur certains axes de la ville.

Une vue du carrefour Potos. © Gabonreview

Si l’opération vise à redonner un éclat à la ville, la population la considère comme une entourloupe. «Ce n’est pas normal que ce n’est que quand le chef de l’Etat vient dans la ville pour une activité officielle que l’on pense à bien faire les choses», a lancé un habitant de Potos.

Certains estiment que la ville a été «abandonnée» par les «élites», d’où le délitement de la cité visible dans chaque rue, chaque quartier de Franceville. La mairie, le conseil départemental comme les hommes politiques de la localité ont levé le pied. «La mairie et le Conseil départemental ne sont là que pour faire souffrir les pauvres mamans des marchés qui se débrouillent pour nourrir leurs enfants».

Les hommes politiques sont également blâmables, ils «n’honorent pas la ville vitrine de leur province». Pourtant, «ils ont tous des associations. Ils ont tous des maisons ici. Ils sont ici deux à trois jours dans la semaine. Ils connaissent la situation, mais personne ne bouge le petit doigt», a fustigé une instructrice, estimant que ne serait-ce que par orgueil, ces hommes politiques à qui la province a tant donné devraient de temps à autre penser à la situation de «Franceville qui tombe en lambeaux».

Pour se défendre, des employés de la municipalité accusent l’absence de financements pour assurer régulièrement la propreté de la ville. Quoi qu’il en soit, à quelques heures du séjour d’Ali Bongo sur ses terres, l’on «procède au saupoudrage et au colmatage» pour donner de l’allure à la ville. Des édifices sont repeints, les routes ont balisées, «mais cela ne dura que le temps de la visite et du séjour», a renchérit un étudiant de Masuku.