La grève lancée par l’Organisation nationale des employés du pétrole (Onep) depuis quelques semaines a davantage eu de répercussions sur les ménages en cette période de fête, une pénurie de gaz butane s’étant fait sentir dans la majorité des villes du pays.

Pénurie de gaz : le calvaire s’est poursuivi à la fin d’année © Binto Media/info241.com
Pénurie de gaz : le calvaire s’est poursuivi à la fin d’année © Binto Media/info241.com

 

Avant la fête de Noël, l’on a enregistré dans les stations de Libreville, comme dans celles du reste du pays, des files de personnes attendant une hypothétique arrivée du gaz butane, produit considéré au Gabon comme de première nécessité. Ces files, constituées également de bouteilles alignées les unes derrière les autres, rappellent les grandes pénuries vécues dans certains pays. Depuis plusieurs semaines, en effet, le gaz butane est littéralement fourni au compte-gouttes. Les points de vente sont pris d’assaut à chaque fois qu’un camion de ravitaillement se signale. «Nous sommes le 31 décembre et vous-même vous voyez que la situation est compliquée. Comment va-t-on faire sans gaz ?», s’est interrogée une femme au foyer rencontrée à quelques mètres du rond-point de la Paix. «Vous voyez-vous même que c’est la population qui paie le prix de tous les problèmes du pays. Je suis là depuis trois heures de temps pour espérer acheter une bouteille de gaz. Est-ce normal dans un pays comme le nôtre ?», a-t-elle interrogé.

Trouver une bombonne de gaz butane à Libreville, révèle désormais du miracle. Face à cette situation, certains ménages ont recours au bois de chauffe pour la cuisson des aliments. D’autres ont essayé des réchauds à pétrole, mais ont vite fait de déchanter, le pétrole étant aussi rare que l’essence et le butane. «Lorsqu’on a constaté qu’on ne pouvait pas facilement avoir le gaz, on a voulu utiliser notre réchaud à pétrole, mais là encore, on n’a pas trouvé de pétrole. On s’est directement mis au charbon de bois et parfois au bois», a témoigné une autre mère de famille essayant elle aussi d’acheter de ce produit.

A Libreville, il n’est plus rare de rencontrer dans la rue des jeunes, hommes, femmes trainant des bouteilles de gaz dans des brouettes ou dans des voitures à la recherche de cette source d’énergie. Quand ils en trouvent, les prix dépassent désormais tout entendement. Au lieu de 5 525 francs connus de l’opinion comme prix de vente homologué, l’on peut débourser souvent jusqu’à 10 000 francs, notamment dans les réseaux parallèles.

En attendant, les Gabonais vont encore subir les affres des grèves des syndicats qui réclament en tout et pour tout de meilleures conditions de vie et de travail. Et pour le cas actuel, c’est l’Onep qui a fermé les robinets. A chacun selon son génie pour passer de bonnes fêtes de fin d’année !!