Les agents de la Radiotélévision gabonaise 9 (RTG9), l’antenne de Radio Gabon du Woleu-Ntem, ont cessé leurs activités ce vendredi 6 juillet, pour protester contre les mauvaises conditions de vie et de travail dont ils disent être victimes depuis plusieurs années.

Les agents de la RTG 9 sont en grève générale illimitée dès ce vendredi 6 juillet. © D.R.

 

Ce matin, les programmes de la RTG 9 connaissent quelques perturbations. La raison : le personnel (fonctionnaires et agents de la main d’œuvre non permanente) a lancé une «grève générale illimitée», informe ce vendredi 6 juillet le trihebdomadaire Echos du nord. A la faveur d’une sortie, jeudi 5 juillet à Oyem, le bureau provincial du Syndicat national des professionnels de l’audiovisuel public (Synapap) a réclamé de meilleures conditions de vie et de travail, mais davantage une gestion plus orthodoxe des comptes de la structure qui les emploie.

Léopold Coeurthice Nze Obame et ses collègues tiennent pour responsable de leur situation le directeur général de la Radio, Zoff Blanchard Minang. Le porte-parole du Synapap à Oyem l’accuse notamment de mal gérer les finances de la boîte, subvention de l’Etat comprise. Depuis des années, le média public manquerait du strict nécessaire, à l’instar du papier pour les journalistes. Pourtant, le syndicaliste assure que des partenariats avaient été signés avec des opérateurs économiques de la place, qui étaient supposés fournir la RTG 9 en matériel bureautique. Mais ces accords, prétend Léopold Coeurthice Nze Obame, ont «été détournés à d’autres fins, au seul profit du DG et de son groupe».

«Le directeur est souvent invisible de la journée à son bureau. Il ne vient que la nuit pour récupérer toutes les entrées journalières issues des spots publicitaires, des communiqués et des petites annonces», rapporte Echos du nord à qui un des agents en colère s’est confié.

En initiant cette grève, les agents de «Radio 9» espèrent convaincre la direction générale de Libreville de mettre en place une unité de contrôle des fonds de la Radio. Leur mouvement vise également le paiement de leurs primes de rendement et de production ainsi que l’amélioration de leur cadre de travail où tout ou presque est obsolète ou en piteux état (WC, plomberie, matériel de studio et de bureau).

Seulement, à Libreville, certains disent ne pas comprendre la nécessité de lancer une grève alors que «les négociations suspendues il y a un mois, ont été reprises cette semaine, à la suite des instructions données par le ministre de la Communication». Sur sa page Facebook, Edgard Nziembi Doukaga, porte-parole du Syndicat des professionnels de la communication (Syprocom), qui exprime son «étonnement» devant cet appel à la grève, indique que «les questions d’arriérés des cachets réglée partiellement et de frais de production en attente de règlement ne sauraient justifier un climat de confusion et perturber le fonctionnement des services».