Patron d’un mythique night-club de Libreville, “La Maringa”, aujourd’hui disparu, Robert Sonnet, “El Magnifico” pour ses amis, a été retrouvé mort, ce 23 septembre dans la matinée, à son domicile à Libreville.

Robert Sonnet. © D.R.

Robert Sonnet. © D.R.

 

Aperçu d’Olando N’tchuwa (La Maringa), l’entreprise de Robert Sonnet à la Pointe-Denis. © Gabonreview

Aperçu d’Olando N’tchuwa (La Maringa), l’entreprise de Robert Sonnet à la Pointe-Denis. © Gabonreview

Patron d’un mythique night-club de Libreville, “La Maringa”, aujourd’hui disparu, Robert Sonnet, “El Magnifico” pour ses amis, a été retrouvé mort dans son domicile du quartier Louis à Libreville, ce 23 septembre dans la matinée. Selon les témoignages recueillis sur les lieux, notamment auprès d’un notable de ce quartier ancestral Mpongwè, l’homme d’affaires a été retrouvé ligoté et portant des marques de poignard. Arrivée sur les lieux sitôt alertée, la Police judiciaire a procédé aux relevés d’usage et à la collecte des premières informations.

Après un dîner avec l’un de ses frères, le général de Brigade Aérienne Georges Jobet qui l’a déposé à son domicile autour de 22 heures, Robert Sonnet aurait été agressé sur les escaliers menant à sa maison. Selon une source policière, citée par un parent du disparu, il aurait rendu l’âme aux environs de minuit, au vu de la rigidité cadavérique de son corps. Fait étonnant, l’agresseur ou les agresseurs n’ont pas emporté la chainette à grosses mailles en or qu’il arborait, se contentant de subtiliser son téléphone portable tandis que des clés éparpillées sur le sol laissent penser que son porte-clés a été égrené. La porte de la villa, où il vivait avec l’un de ses fils (à la Pointe-Denis au moment des faits), n’a toutefois pas été ouverte. Les assassins ont dû s’enfuir par où ils étaient arrivés : une petite habitation mitoyenne inhabitée depuis un bon moment, ainsi qu’en attestent des traces dans l’herbe du jardin non taillée depuis que la maison est vide.

Si Robert Sonnet est le frère de Claude du même nom, Général de police à la retraite et ancien Préfet de police de Libreville, il n’était pas connu comme quelqu’un ayant une opinion idéologique marquée ou des activités politiques. Bon vivant, distributeur de bonne humeur avec ses éternelles blagues, il était le promoteur d’Olando N’tchuwa (La Maringa), l’adresse de la Pointe-Denis la plus connue des Gabonais. Robert Sonnet qui aimait à se surnommer “El Magnifico”, a tenu de longues décennies durant le night-club “La Maringa”, le plus ancien du Gabon jusqu’à sa vente et destruction il y a moins de 10 ans. Le mythique établissement nocturne a d’ailleurs donné son nom à l’entreprise du même promoteur sur la Pointe-Denis. Olando N’tchuwa (La Maringa) avait enregistré, en septembre 2007, un incendie qui avait réduit en cendres l’édifice central servant de bar-restaurant. La structure sur pilotis a été reconstruite avec un meilleur design intérieur. La plage de sable blanc, la mer chaude, les transats en bois du pays, les paillotes invitant au farniente et le melting-pot racial et culturel de cet endroit garantissent toujours aux visiteurs un environnement dépaysant et enchanteur. Un système d’hébergement constitué d’une quinzaine de petits lodges climatisés et indépendants complète la structure. S’il y a de quoi susciter de l’admiration, cela justifiait-il un assassinat ? Il n’y a pas de secret que le temps ne révèle, il “n’y a rien de caché qui ne sera révélé”, indique la Bible.