Peu élargie, en plus d’arriver souvent après coup, la communication du gouvernement au sujet des risques sur la santé des populations quant à la consommation de certains produits alimentaires ne convainc pas les consommateurs et leurs représentants.

Des lots de jambon supérieur Grand Jury et d’huîtres normandes en provenance de France et jugés impropres à la consommation ont fait l’objet de saisie de la part du gouvernement gabonais. © la-croix.com

 

Au Gabon, le gouvernement a rarement réussi à atteindre ses objectifs dans sa mise en garde des populations sur la consommation d’un produit alimentaire. Entre confusion des genres et chevauchement de domaines de compétence entre différents départements ministériels (Economie, Santé, Agriculture), sa communication a presque toujours été un échec. Dernier exemple en date : la communication au sujet de «l’existence d’une infection alimentaire collective survenue en France, liée à la consommation de certains jambons et huîtres réfrigérées» présents sur le marché gabonais. Cette affaire impliquant notamment des jambons de la marque Grand Jury a fait scandale en France en février dernier, où ils ont été retirés des rayons de magasins. Il aura fallu attendre près d’un mois pour que le gouvernement gabonais s’en inquiète et prévienne la population.

C’est en effet le 11 mars que le gouvernement, dans un communiqué conjoint des ministères de l’Economie, de la Santé et celui de l’Agriculture, a sonné l’alerte. Parmi les consommateurs, très peu apprécient cette façon de faire. La lenteur gouvernementale, selon certains, accroit le risque sur la santé publique. C’est en tout cas le jugement du président de l’Organisation gabonaise des consommateurs (OGC) qui, sur Radio Gabon, s’est «indigné» du fait que «ce communiqué est arrivé après coup sachant que les lots (incriminés) ont déjà été introduits sur le marché national, notamment sur les grandes surfaces». Pour Ibrahim Tsendjiet Mboulou, les autorités gabonaises ont beaucoup à faire pour améliorer la protection des populations. Il appelle d’ailleurs le gouvernement à impliquer les consommateurs dans cette démarche.

«Nous souhaitons qu’on invite certains civiles, notamment les associations des consommateurs, à prendre part (à la vérification) que ces lots ont réellement été retirés des grandes surfaces et que la population ne court plus de danger sur toute l’étendue du territoire national», a exhorté le président de l’OGC.

Le 14 décembre 2017, le ministère de l’Economie avait décidé de retirer des rayons de pharmacies les boîtes de lait infantile Picot supposément contaminé à la salmonelle. Une décision qui était intervenue 12 jours après l’interdiction de la vente dudit lait en France. Là aussi, en plus de leur lenteur, les autorités gabonaises avaient peu élargi leur communication et les contrôles dans les pharmacies étaient aléatoires. Il n’est pas certain qu’il en soit autrement pour du jambon et des huîtres.