Deux mois après la mise en examen, en France, de Nicolas Sarkozy et un mois après le même sort pour Vincent Bolloré, “Les Indignés du Gabon” envisagent de saisir la justice française sur les activités de l’homme d’affaires franco-marocain en Afrique et particulièrement au Gabon.

Richard Attias, promoteur du Nyfa, est dans le viseur des Indignés du Gabon. © MaxPPP/IP3/Christophe Morin

 

Richard Attias pourrait-il connaître le même sort que Nicolas Sarkozy ou Vincent Bolloré, tous deux mis en examen il y a quelques semaines pour leurs activités avec des dirigeants africains ? Si rien n’est encore sûr, il reste que Les Indignés du Gabon entendent lui demander des comptes. Dans un communiqué parvenu à Gabonreview, ce vendredi 25 mai, l’organisation dont fait partie Marc Ona Essangui (Prix Goldman 2009) annonce qu’elle va «saisir la justice française afin que (l’homme d’affaires franco-marocain) puisse répondre de ses turpitudes africaines».

Estimé à «plusieurs milliards de francs CFA», le New York Forum Africa, initiative de Richard Attias, n’a jamais vraiment été bien accueilli par Les Indignés du Gabon, qui l’ont souvent vivement critiqué. L’organisation du Nyfa depuis sa première édition, en 2014, a d’ailleurs toujours donné lieu à celle d’une contremanifestation, le «Forum des Indignés», soutenue par plusieurs autres organisations de la société civile gabonaise.

Quatre ans après la première édition du Nyfa à Libreville, l’appréciation des Indignés du Gabon de ce rendez-vous n’est pas élogieuse : «Cet affabulateur professionnel a (…) prétendu que ce très onéreux rendez-vous des people, financé à grands frais par le contribuable gabonais, allait attirer des investisseurs dans notre pays, générer des milliers d’emplois, aider à la création, entre autres, d’un hub pétrolier géant à Port-Gentil et d’une compagnie aérienne à bas prix. A ce jour, rien de tout cela ne s’est réalisé : aucun emploi créé, pas de hub pétrolier ni de compagnie aérienne. Rien ! Au contraire, le Gabon est plongé dans une crise économique et financière sans précédent. Le chômage, surtout des jeunes, atteint des proportions jamais égalées. Quant à Richard Attias, il est parti, tel un voleur, sur la pointe des pieds, après avoir empoché plusieurs milliards de F.CFA obtenus grâce à un contrat passé dans la plus grande opacité avec son client Ali Bongo.»

Dans les prochains mois, la justice française pourrait donc être saisie sur l’attribution de certains marchés liés à l’organisation du Nyfa par le patron de l’agence de conseil en communication Richard Attias & Associates. Comme pour l’affaire mettant en cause Vincent Bolloré en Guinée Conakry, Les Indignés du Gabon semblent vouloir confondre Richard Attias pour corruption d’agent étranger. Affaire à suivre.