A la suite du «Collectif Gabon Démocratie», du Rassemblement Héritage et Modernité et du 6e vice-président du Sénat, le président de l’Union nationale, Zacharie Myboto, est monté au créneau, le 21 octobre, pour dénoncer la gravité des risques qui guettent le peuple gabonais, s’il ne se lève pas pour dire non à ce qui se présente comme «un projet de monarchisation insidieuse de la République».

Le président de l’Union nationale, Zacharie Myboto le 21 octobre 2017. © Gabonreview

 

Le peuple gabonais se laissera-t-il duper par la révision constitutionnelle que lui tricote le pouvoir ? L’Union nationale qui perçoit cette initiative comme une atteinte grave à la République, a affirmé son engagement à s’opposer avec vigueur à cette funeste réforme.


Les membres du directoire de l’Union nationale, Zacharie Myboto le 21 octobre 2017. © Gabonreview

Dans son adresse du 21 octobre, le président l’UN estime que «Si le projet de révision constitutionnelle aboutit, plus rien ne pourra désormais garantir le maintien de la République ou l’exercice de nos droits fondamentaux». Ce projet de révision, qui touche 56 des 119 articles que compte la Loi fondamentale, aurait comme objectif de concentrer tous les pouvoirs entre les mains d’Ali Bongo, estime Zacharie Myboto.

L’initiative serait dangereuse dans la mesure où elle consacre «l’immunité de cet homme, l’impunité de ses complices et autres affidés» ; la «négation du droit de grève» des travailleurs ; «la contestation de la souveraineté du peuple et de la démocratie», et surtout «la transformation du pays en royaume».

Le président de l’UN appelle à sursaut national pour opposer un refus frontal à cet embastillement de la République, qui, par ailleurs, peut se lire comme l’aveu d’un profond échec de la gouvernance, à toutes les strates du pouvoir.

«Tout ceci montre un échec cuisant, comme le serait la révision actuelle, qui a pour objectif, nous le redisons, de transformer notre pays en ce royaume dont l’initiateur et principal bénéficiaire s’est rêvé, en vain. Car, avec d’autres, nous nous y étions opposés, le prince de 1986, sous « Akoma mba», avant de se voir en roi depuis 2009», a déclaré Zacharie Myboto, affirmant qu’ «individuellement et collectivement, nos destins sont désormais en cause. Nous avons l’obligation de les défendre».


Les membres du directoire de l’Union nationale, Zacharie Myboto le 21 octobre 2017. © Gabonreview

Si le président de l’UN dit ne rien attendre de la Cour constitutionnelle pour le rejet de ce projet qui scellerait la «négation du Gabon Éternel et des droits des Gabonais», il rappelle aux députés leur responsabilité devant l’Histoire. «En accompagnant cette aventureuse et grotesque initiative, ils prendront la responsabilité de s’associer à une décision qui s’inscrit dans les pages les plus sombres de l’histoire de notre pays», a-t-il souligné, avant de lancer un appel solennel et patriotique à toutes les composantes de la Nation, pour les inviter à se dresser contre ce projet de «révision suicidaire».

Pour l’UN cette initiative du pouvoir constitue «un défi à tous ceux qui ont voté le 27 août 2016 pour l’espérance et le renouveau ; une bravade à tous ceux qui croient à l’intérêt général, à la force du bulletin de vote et aux droits naturels imprescriptibles et une atteinte sans nom à la mémoire de tous les martyres de la démocratie, notamment ceux qui ont été massacrés le 31 août 2016».

Zacharie Myboto appelle à un large consensus,  arc-en-ciel, pour sauver la République et ses valeurs cardinales. «Ayons ensemble raison aujourd’hui pour ne pas avoir tort demain, en refusant la souillure du peuple que nous sommes, et la violence qui s’exerce et s’exercerait sur nous», a-t-il conclu, annonçant la rédaction d’un mémorandum qui sera discuté avec toutes les forces politiques et sociales du pays.