Par 95 voix pour, 2 contre et 4 abstentions, le Sénat a adopté, jeudi 4 janvier, le projet de révision de la Constitution. Un des votants, Jean Christophe Owono Nguema, s’est montré déçu par ses collègues.

Les sénateurs ont adopté le projet de révision de la Constitution. © L’Union/Sonapresse

 

Réuni en session extraordinaire, jeudi 4 janvier, le Sénat a adopté le projet de révision de la Constitution. Le texte parvenu de l’Assemblée nationale quelques semaines plus tôt a subi des amendements sur le fond ainsi que sur la forme, et la semaine prochaine, une commission mixte paritaire devrait être mise en place pour harmoniser les deux textes.

Au palais Omar Bongo Ondimba, les élus ont notamment reformulé les articles 8 et 28 nouveaux, pour rendre leurs dispositions «impersonnelles et générales» dans le cadre des prérogatives du chef de l’Etat et du gouvernement. La modification de l’article 36 nouveau relatif aux différentes fonctions du Parlement et de ses rapports avec d’autres institutions, quant à lui, rapporte le quotidien L’Union, le vendredi 5 janvier, a permis de rendre cette disposition plus compréhensible. Les sénateurs ont également «jugé inopportun le maintien de la prestation de serment devant le président de la République pour les citoyens nommés à certains emplois supérieurs publics». Ils ont également approuvé le principe d’harmonisation du mandat des élus locaux au leur, soit 6 ans renouvelable.

Le sénateur Jean Christophe Owono Nguema se sent trahi par ses collègues. © D.R.

Pour tous ces amendements, l’essentiel, aux yeux de l’opposition, n’a pas été touché : les pleins pouvoirs concédés au président de la République ainsi que la non-limitation de ses mandats. L’opposant Jean Christophe Owono Nguema y a vu une trahison vis-à-vis du peuple gabonais et une «violation de la Constitution et du règlement intérieur du Sénat» par ses collègues. Pour le 6e vice-président du Sénat, «le monarchisant projet de révision de notre Constitution» a été adopté par les sénateurs en des termes presqu’identiques à ceux des députés.

«En agissant ainsi, vous vous rendez complices de l’assassinat de la République, par le renforcement de la primauté du pouvoir exécutif sur les pouvoirs législatifs et judiciaire consacrant ainsi, l’instauration d’un système monarchique au Gabon», a écrit Jean Christophe Owono Nguema à ses collègues, en les accusant de «briser le rêve (…) d’un possible changement politique réel au Gabon». Pour le cadre de l’Union nationale (UN), les sénateurs viennent de démontrer au peuple gabonais «l’inutilité de la Chambre haute du parlement». Il ne resterait pour lui qu’une seule solution : la mise en pratique de l’article 35 de la Déclaration universelle des droits de l’homme et du citoyen, qui consacre «l’insurrection» comme «le plus sacré des droits et le plus indispensable des devoirs» quand leurs droits sont violés.