L’appel à la citoyenneté de Jean Christophe Owono Nguema et Jean de Dieu Moukagni-Iwangou a si peu été entendu que les deux opposants annoncent une descente sur le terrain pour tenter de rallier les populations à leur combat ; celui de bloquer l’adoption du projet de révision de la Constitution actuellement en examen au Parlement.

Jean Christophe Owono Nguema (à droite) et Jean de Dieu Moukagni-Iwangou, à la suite de la présentation de leur plaidoyer à l’ambassadeur de France au Gabon. © D.R.

 

Deux semaines après son lancement à Libreville, l’appel à la citoyenneté de Jean Christophe Owono Nguema et Jean de Dieu Moukagni-Iwangou n’a pas été suivi d’effet. Il semble ne pas avoir été entendu par ses principales cibles. Du moins, pas toutes. D’autant que le mouvement des jeunes de l’Union nationale (UN) et celui de Union et Solidarité (US), ont été les rares groupes de l’opposition à y répondre favorablement, à travers des meetings et des manifestations diverses.

Pourtant, le 7 novembre dernier, en lançant leur appel, le sénateur (lui-même issus de l’UN) et le président de l’US s’attendaient à une mobilisation de la part de la population, pour contester le projet de révision constitutionnelle issue du dialogue politique d’Angondjé. Rien n’y a fait, malgré les vives critiques portées par certains leaders de l’opposition contre ledit projet. Comme par crainte d’une nouvelle répression de leur marche par les forces de l’ordre, les populations ayant été invitées à manifester leur refus ne sont pas descendues dans les rues, ni à Libreville ni à l’intérieur du pays.

Or, ces dernières heures, le document a été transmis au Parlement en vue de son examen. C’est en tout cas ce que croit savoir Jean de Dieu Moukagni-Iwangou qui, sur sa page Facebook, a une nouvelle fois regretté, mardi 21 novembre, «la volonté de monsieur Ali Bongo Ondimba à établir la monarchie dans la réalité des procédures au Gabon». Seulement, le président de l’US et son compagnon Jean Christophe Owono Nguema n’entendent pas laisser faire ce qu’ils présentent comme une «forfaiture», surtout, précisent-ils, «à l’heure où l’Afrique tourne le dos à Mugabe (le président du Zimbabwe)».

«Je vais descendre dans les familles avec Jean Christophe Owono Nguema, dès demain après-midi, pour interroger les citoyens, et ensemble, sauver la République», a annoncé le président de l’US, précisant que leur campagne dans les quartiers de Libreville démarrera dans les 2e (Cocotiers) et 6e arrondissement (Nzeng-Ayong). Les quartiers Kinguélé et Lalala suivront.