S’il s’est dit favorable au projet de révision constitutionnel, le président du parti Ensemble pour la République (EPR) a cependant estimé, le 24 novembre à Libreville, que «la révision de la Constitution doit d’abord viser une meilleure gouvernance et une plus grande lisibilité de l’action des pouvoirs publics par les citoyens.

Le président d’EPR lors de sa déclaration, le 24 novembre 2017 à Libreville. © Gabonreview

 

Figurant parmi les recommandations du dernier dialogue politique, le projet de révision constitutionnelle est au cœur d’un débat houleux, entre l’opposition et le pouvoir. En retrait de ce débat jusqu’ici, le président du parti Ensemble pour la République (EPR) s’est officiellement prononcé sur la question, le 24 novembre à Libreville.

«Depuis le 28 septembre dernier, un projet de révision constitutionnelle est à la disposition du public. J’entends prendre toutes mes responsabilités à ce débat d’importance qui engage l’avenir de notre pays. Je n’ai d’autres ambitions que de contribuer au raffermissement de la démocratie et à l’amélioration de notre vivre ensemble. J’entends m’investir pour éviter que notre pays ne retombe dans les affres du passé. J’espère poser les vraies questions sans arrière-pensées ni faux-fuyants», a déclaré Dieudonné Minlama.

Au cours du dialogue politique, en effet, le leader politique était membre de la commission 1 qui traitait de la réforme des institutions et de la consolidation de l’Etat de droit démocratique. Celle-ci avait notamment a abordé la question constitutionnelle. «Une révision de la Constitution a été suggérée, s’agissant de la durée des mandats politiques (mandat présidentiel, mandat de député, mandat sénatorial et mandat local) et le mode de désignation, la durée du mandat des membres de la Cour Constitutionnelle et les missions de celle-ci», a déclaré Dieudonné Minlama.

«A la lecture du projet de révision soumis par le gouvernement, je puis dire que celui-ci demeure fidèle aux recommandations du Dialogue politique», a-t-il relevé. Toutefois, a-t-il nuancé : «La révision de la Constitution doit d’abord viser une meilleure gouvernance et une plus grande lisibilité de l’action des pouvoirs publics par les citoyens. Dans l’immédiat, elle doit nous apporter des réponses aux difficultés vécues jusque-là. Surtout, elle doit nous permettre de partir de l’avant et retrouver notre cycle électoral classique».

Dans ce sens, le président d’EPR a estimé que les prochaines législatives constituent un élément fondamental de son analyse. «Les élections législatives sont prévues pour le mois d’Avril 2018, c’est-à-dire dans moins de cinq mois. D’ici là, il y a beaucoup de travail à faire, notamment sur le cadre juridique et institutionnel de gestion des élections. Nous ne devons pas perdre de vue que toutes nos crises politiques découlent des élections mal organisées…», a-t-il rappelé.

D’où les préoccupations de Dieudonné Minlama : «En cinq mois, aura-t-on le temps de modifier la Constitution ? Revoir la loi sur les partis politiques ? Réviser la loi électorale ? Mettre en place la nouvelle autorité en charge des élections ? Procéder à l’enrôlement des électeurs ? Fiabiliser notre système biométrique et procéder à un nouveau découpage ?», a-t-il interrogé.

«Sans être pessimiste, je ne m’avancerai pas à répondre de façon positive. Nous devons adapter nos textes et institutions. Nous avons des échéances à honorer. Mais, nous devons aussi concilier cela et le faire dans le maintien de la cohésion et dans la sérénité et non pas dans l’affrontement et la division», a-t-il recommandé.

Au regard de ces enjeux, Dieudonné Minlama a demandé à la classe politique et à toutes les parties prenantes au dialogue de définir un chronogramme réaliste de mise en œuvre des accords politiques. Objectif : l’organisation des élections législatives crédibles, dont les résultats seront acceptés par tous. «La stabilité politique et la réconciliation nationale dépendront très fortement de la manière dont ces élections vont être organisées», a conclu le président d’EPR.